VIDÉO - Droits de l'Homme : Emmanuel Macron cible la Russie et la Turquie

JUSTICE - Mardi, à la Cour européenne des droits de l'Homme, Emmanuel Macron a dénoncé les atteintes de certains des 47 pays membres du Conseil de l'Europe aux libertés fondamentales, citant la Russie et la Turquie.

Le dialogue n'empêche pas la critique. C'est le message qu'a voulu faire passer Emmanuel Macron, mardi à la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), à Strasbourg, à propos des pays qui remettent en cause les libertés fondamentales en Europe. 


Le président de la République, tout en souhaitant maintenir "un dialogue intense, difficile, parfois ingrat" avec certains pays membres du Conseil de l'Europe, a ciblé ceux qui "ne respectent pas ou cherchent à bousculer les termes de la Convention européenne des droits de l'Homme", ce traité ratifié par 47 pays qui garantit depuis 64 ans le respect des principes fondamentaux sur le continent. 


En juin, Emmanuel Macron avait déjà attaqué, visant la Pologne et la Hongrie, les pays qui "tournent le dos à l'Europe" au nom d'une "approche cynique qui servirait à dépenser les crédits sans respecter les valeurs". La Commission européenne avait alors annoncé des procédures contre la Hongrie, la République tchèque et la Pologne, qui refusent de se plier au plan de répartition des migrants. 

La Turquie et la Russie visées

Mardi, Emmanuel Macron a visé nommément "la Turquie et la Russie, pour ne citer que ces deux Etats mais ils ne sont pas les seuls", où selon lui "le risque est à l'oeuvre" de remettre en cause la CEDH et les libertés qui vont avec. "Nous assistons au retour en force de régimes autoritaires ou d'une fascination pour les démocraties illibérales", a-t-il également estimé, y voyant une menace pour l'Europe et pour la démocratie. 


La Turquie, où la dérive autoritaire du régime de Recep Tayyip Erdogan inquiète les partenaires au Conseil de l'Europe, fait l'objet depuis avril 2017 d'une "procédure de suivi" avec un contrôle plus étroit des atteintes éventuelles aux libertés fondamentales. La Russie, privée de droit de vote au sein du Conseil depuis avril 2014, à la suite de l'annexion de la Crimée, a décidé en juin dernier de suspendre sa participation au budget de l'instance internationale. Selon l'Elysée, près de 80% des affaires traitées par la CEDH concernent seulement six pays, l'Ukraine (23% des dossiers), la Turquie (16%), la Hongrie et la Roumanie (12%), la Russie (9,5%) et l'Italie (6%).


La Turquie et la Russie doivent, aux yeux d'Emmanuel Macron, coûte que coûte rester au sein du Conseil de l'Europe. "[Leur] destin ne se détournera pas de l'Europe", a martelé le chef de l'Etat, qui rejette l'idée d'une exclusion. "La France n'acceptera aucune critique des droits de l'Homme [...] Nos valeurs sont universelles. Il faut se garder de donner des leçons aux autres pays, mais toujours garder le fil de ce qui nous a fait."

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