VIDÉO - Élections territoriales en Corse : Gilles Simeoni veut un "véritable dialogue" avec l'État pour "une solution politique"

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SIGNAL FORT - Au lendemain du triomphe des nationalistes aux élections territoriales, le président du Conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni a réclamé sur LCI l'ouverture d'un dialogue avec le gouvernement français, qui doit "prendre acte du message clair envoyé par les Corses".

"Un véritable ras-de-marée démocratique". La liste Pè a Corsica (Pour la Corse, en français) menée par Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni a remporté ce dimanche le second tour des élections territoriales organisées sur l'île de Beauté, avec 56,5 % des suffrages. L'alliance des autonomistes et des indépendantistes dirigera la future collectivité territoriale unique qui remplacera dès le 1er janvier prochain les deux conseils départementaux et l'actuelle collectivité de Corse.


Invité de la Matinale de LCI, Gilles Simeoni est revenu sur ce moment "très important dans l'histoire contemporaine de la Corse". "Les Corses nous ont donnés mandat de construire une Corse apaisée et développée. Et en même temps de discuter avec Paris et d'ouvrir un dialogue. Il existe depuis 50 ans une situation conflictuelle et nous voulons tourner la page de ce conflit", a-t-il assuré. "Nous voulons pour cela dialoguer avec Paris et construire une véritable solution politique, avec de nouvelles institutions à construire bien sûr autour d'un statut d'autonomie, de plein droit et de plein exercice."

Il faudra travailler avec l'ensemble des forces vives de l'îleGilles SIMEONI sur LCI

Contacté depuis par le Premier ministre Édouard Philippe, "un appel de politesse et protocolaire", Simeoni a annoncé "attendre de Paris, du gouvernement, et plus encore du président de la République, qu'ils prennent acte du message clair envoyé aujourd'hui par les Corses." Il a également indiqué vouloir "une déclaration politique reconnaissant le caractère fondamentalement politique de la question corse et l'ouverture d'un dialogue entre Paris et la Corse".


Mais au-delà de la discussion avec Paris, "qui reste fondamentale" selon lui, le président du Conseil exécutif de Corse a affirmé avoir été élu "sur un projet et un message clairs : 'Un pays à construire'. Les Corses attendent de nous que nous répondions de manière très directe, très concrète et très efficace aux problématiques du quotidien [...]. Nous avons beaucoup de chantiers mais pour les réussir et relever ses défis, nous avons conscience qu'il faudra travailler avec l'ensemble des forces vives de l'île et pas seulement avec les nationalistes ou les un électeur sur deux qui nous ont fait confiance."

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Les nationalistes remportent l'élection territoriale de Corse

Le scénario à la catalane n'est pas transposable en CorseGilles SIMEONI sur LCI

Quant à ceux qui trouveraient à redire sur la faible participation pour ce scrutin (53%, ndlr), la tête de liste de la coalition nationaliste Pè a Corsica, Gilles Simeoni a rappelé "tout de même que c'est 10% de plus que la moyenne au deuxième tour des élections législatives." D'ailleurs, il n'a pas hésité à pointer qu'il s'agissait d'un faux débat. "Personne n'a pensé à contester la légitimité de l'Assemblée nationale. L'abstention importante tient à un certain nombre de facteurs locaux et notamment la répétition des élections importantes, quatre en deux ans", a-t-il expliqué. "Mais au-delà de ces facteurs conjoncturels, il y a effectivement en Corse, comme partout en France et en Europe, une désaffection vis-à-vis de la politique. C'est à nous de nous adresser à ces citoyens qui aujourd'hui ne trouvent pas le chemin des urnes parce qu'ils considérent que la politique n'apporte pas de réponse satifaisante à leurs problématiques. À nous par notre action de leur démontrer le contraire."


Mais l'île de Beauté peut-elle devenir la Catalogne française ? Pour Simeoni, "le scénario à la catalane n'est pas transposable en Corse. Il y a des ressemblances entre deux peuples qui, l'un comme l'autre, demandent à être reconnus, y compris dans leurs droits. Ceci étant, il y a des différences importantes. Nous ne sommes pas dans une logique de rupture, nous sommes dans une logique de construction politique. Nous attendons et espèrons que Paris acceptera enfin d'ouvrir le dialogue."

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