VIDÉO - EXCLUSIF : Jean-Marie Le Pen dévoile ses mémoires… et défend Pétain

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CONFIDENCES - Jean Marie Le Pen publiera le 1er mars "Le Fils de la Nation". Il y évoque pèle-mêle Pétain, la guerre d’Algérie, sa fille. Une équipe de TF1 et LCI l’a rencontré. Voici un extrait diffusé en exclusivité dans la matinale de LCI , à retrouver dans une version plus longue dans le 20H sur TF1, mercredi 21 février.

Le "Menhir" livre ses vérités. Le fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, qui publiera le 1er mars prochain, le premier tome de ses mémoires, intitulé "Le Fils de la Nation", a accordé un entretien exclusif à TF1 et LCI. Revisitant ses classiques, il y affirme notamment que le maréchal Pétain "n'était pas un traître" et qu'il "faudrait le réhabiliter".


Il livre également son sentiment sur les propos de Laurent Wauquiez diffusés par Quotidien, et donne son avis sur un éventuel changement de nom du FN. Un extrait de cet entretien exclusif est diffusé ce mercredi dans la matinale de LCI, et une version plus longue de l'interview sera à voir dans le 20H de TF1.

Pétain "mérite" d'être "réhabilité"

Pour Jean-Marie Le Pen, le maréchal Pétain "n'était pas un traître". Et d'ajouter qu'il "fait partie comme beaucoup de gens de ceux qui ont essayé de faire ce qu'ils pouvaient pour adoucir le sort d'une population qui était vaincue et occupée militairement".


"Je pense qu'il faudrait en effet, pourquoi pas, le réhabiliter. Il le mérite", poursuit celui qui avait 12 ans quand l'Assemblée nationale a voté les pleins pouvoirs à Philippe Pétain. "Le vainqueur de Verdun n'a pas commis selon moi d'acte contraire à l'honneur en ce qui concerne la France et son sort", conclut-il, alors que le maréchal avait été frappé d'indignité nationale puis condamné à mort (peine non exécutée en raison de son âge) à la Libération pour avoir engagé la France sur la voie de la collaboration.

De la "pitié" pour Marine Le Pen

Interrogé sur sa fille Marine,  qui a fait en sorte de l'exclure du FN après ses multiples dérapages antisémites, Jean-Marie Le Pen affirme que "ce n'est pas la colère qui [l]'anime, [mais] la pitié". "La manière dont elle s'est conduite avec son père lui sera sans doute un remords toute sa vie", poursuit-il. "Il n'y a qu'une seule chose qui justifie ce genre de faute, c'est le succès. Et il ne semble pas que ce soit le cas. Si c'était le cas, peut être serais-je amené à pardonner plus facilement."

Changer le nom du FN ? Une "trahison" et une "stupidité"

On savait Jean-Marie Le Pen hostile à l'idée d'un changement de nom du parti qu'il a fondé. Il détaille ainsi sa pensée : "Le changement de nom est à la fois une trahison du passé du Front national, des sacrifices qui ont été consentis par ses militants, ses dirigeants, ses cadres, mais c'est aussi une stupidité."


"Il n'y a pas une seule marque de quelque activité que ce soit qui renonce à son nom, sauf si elle se met en faillite", ajoute le président d'honneur du FN, exclu du parti mais autorisé par la justice à garder ce titre.

L'aile de M. Wauquiez, des Républicains, semble assez proche, sur les positions politiques, de celle du Front nationalJean-Marie Le Pen

S'attardant sur Laurent Wauquiez, Jean-Marie Le Pen dit constater une certaine proximité entre ses positions et celles du nouveau président des Républicains. "L'aile de M. Wauquiez, des Républicains, semble assez proche sur les positions politiques, de celle du Front national. Mais c'est le Front qui devrait être le leader et le moteur de ce redressement français", estime Jean-Marie Le Pen, ajoutant que si Laurent Wauquiez "était le candidat du deuxième tour, contre je ne sais pas quel candidat socialiste, ou autre, il est probable que je voterais pour lui. Pourquoi pas."


Jean-Marie Le Pen livre également son sentiment sur les déclarations de Laurent Wauquiez, dont les enregistrements ont été publiés par Quotidien vendredi et lundi : "On voit bien comment agit la classe politique et médiatique à l'égard de monsieur Wauquiez aujourd'hui, qui a prononcé quelques paroles devant des étudiants. Des paroles un petit peu irresponsables peut-être, pour un homme public de cette dimension. Mais on lui fait aujourd'hui un procès abominable, comme s'il avait commis un crime. Et nous sommes soi-disant dans le pays de la liberté."

La torture, De Gaulle, son œil de verre, son dépucelage

Le Parisien a publié ce mardi les bonnes feuilles de l'ouvrage de Jean-Marie Le Pen, dans lesquelles ce dernier qualifie les accusations de torture lors de la guerre d'Algérie de "bidon". "Oui, l’armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d’Alger, mais les moyens qu’elle y employa furent les moins violents possible. Y figuraient les coups, la gégène et la baignoire, mais nulle mutilation, rien qui touche à l’intégrité physique", tente-t-il de nuancer. À propos de Charles De Gaulle, qu'il n'a jamais aimé et qu'il juge "laid", il affirme que son destin "fut d’aider la France à devenir petite". Un pied-de-nez de plus à l'endroit des nouveaux dirigeants du Front national et de l'ancien vice-président Florian Philippot, gaulliste notoire.


De nombreuses autres anecdotes figurent dans les extraits publiés par le quotidien. Jean-Marie Le Pen explique notamment comment il a perdu son oeil en installant un chapiteau pour un meeting de Jean-Louis Tixier-Vignancourt, un candidat d’extrême droite à la présidentielle de 1965. Il raconte enfin comment il a perdu son pucelage en août 1944 sur une plage de Carnac ou comment il a couru, nu, dans le temple de Zeus à Athènes. 

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