Gilets jaunes : ce que dit le rapport de la mission parlementaire sur le coût du mouvement

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CHIFFRAGE - Dans son rapport qui paraît ce mercredi, la mission d'information parlementaire sur le coût du mouvement des Gilets jaunes, composée d'élus de droite et du centre, estime que les assureurs ont indemnisé 217 millions d'euros de préjudice, et que le coût budgétaire s'élève à plusieurs dizaines de millions d'euros pour les finances publiques.

Combien le mouvement des Gilets jaunes a-t-il coûté ? Alors que la mission parlementaire chargée d'évaluer l'impact économique du mouvement doit rendre son rapport ce mercredi, LCI a pu en consulter la synthèse en avant-première. Un document qui chiffre à 217 millions d'euros la somme indemnisée par les assureurs pour les dégâts matériels qui ont eu lieu pendant le mouvement et estime le "coût macroéconomique global" à "0,1 point de PIB au dernier trimestre de l’année 2018". Les auteurs du texte indiquent également que la "charge supplémentaire pour les finances publiques" se monte à plusieurs dizaines de millions d'euros au minimum.

La crainte d'une poursuite des effets néfastes pour les entreprises

"Les violences ont eu des effets inverses aux aspirations des Gilets jaunes : alors qu’ils dénonçaient la marginalisation économique de certains territoires et leur abandon par les services publics, les dégradations ont conduit à fragiliser les centres-villes, et en premier lieu les commerces de proximité désertés par les consommateurs. En outre, les crédits budgétaires  nécessaires pour réparer les dégâts matériels et accompagner les acteurs économiques en difficulté ne pourront servir à financer des services publics", indique la synthèse.


Craignant des "effets retard" sur les entreprises touchées, la mission d’information recommande de "prolonger les outils existants et mettre en place des solutions pour les entreprises les plus affectées", de "s’inspirer des meilleures pratiques" et d'"accorder à la revitalisation des centres-villes touchés par le mouvement une attention particulière". En outre, le rapport préconise de "mener une action auprès des assureurs pour éviter l’augmentation des primes" et de "prendre davantage en compte les coûts budgétaires exceptionnels pour certaines communes, dans le contexte de la limitation de leurs coûts de fonctionnement par la loi de programme des finances publiques 2018-2022".

Boycottée par tous ses membres de gauche

Les membres de la mission parlementaire ont auditionné des représentants professionnels et administratifs à l’Assemblée nationale et se sont déplacés à Rouen, Toulouse et Bordeaux. Présidée par Damien Abad (LR) la mission est composée en grande majorité de parlementaire de la République en Marche, les deux parlementaires de gauche, Sébastien Jumel (PCF) et François Ruffin (LFI) ayant boycotté la mission, qu'ils accusent d'être "à charge".

Assurances, entreprises, finances publiques : quels coûts pour qui ?

Détaillant le "coût économique et social" du mouvement, la synthèse du rapport précise que si "le coût macroéconomique global, estimé à 0,1 point de PIB au dernier trimestre de l’année 2018, est relativement faible par rapport à la richesse nationale, (...) cette perspective macroéconomique est loin de refléter l’étendue des répercussions économiques liées aux débordements". Outre les 217 millions d'euros d'indemnisations payées par les assureurs, "la baisse de fréquentation des centres-villes le samedi a par exemple causé des pertes de chiffre d’affaires comprises entre 20 et 30 % pour les commerces s’y trouvant". La synthèse du rapport pointe également une baisse du taux de fréquentation hôtelière de 2,5% au premier trimestre 2019 par rapport à 2018.


En ce qui concerne les finances publiques, le rapport a identifié une dépense de 46 millions d'euros "de rémunération de forces de l’ordre au titre des heures supplémentaires effectuées" et 71 millions d'euros de coût potentiel pour réparer les "2410 radars détruits et des 577 abîmés". Enfin, citant une évaluation de France urbaine, la synthèse évoque un coût de 30 millions d'euros pour les communes, correspondant aux "dégradations d'équipements et de mobiliers urbains, au "bouleversement de l’agenda de certaines missions de services public et de travaux", ou à "la rémunération des agents sollicités au-delà de leur temps de travail habituel".

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Radars : ont-ils été vraiment réparés ?

Le rapport évalue que les délais de paiement de cotisations sociales ont été accordés à hauteur de 112 millions d'euros, "ainsi que 86 millions d’euros de reports de terme". Des sommes auxquelles s'ajoutent "un soutien à l’activité partielle de l’ordre de 13 millions d’euros".

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