VIDÉO - Extension du congé de deuil parental : Eric Woerth dénonce le "cynisme" de la majorité

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L'INTERVIEW POLITIQUE - Le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale était l'invité d'Elizabeth Martichoux dans la matinale de LCI du mardi 11 février. L'occasion pour le député Les Républicains de l'Oise d'évoquer notamment la réforme des retraites et le congé de deuil parental.

Figure de l'opposition de droite, le député de l'Oise Eric Woerth n'a pas débordé d'enthousiasme en commentant le revirement de la majorité, qui a indiqué qu'elle proposait d'étendre le congé de deuil parental de cinq à quinze jours, après avoir initialement refusé de voter cette extension, sous prétexte qu'il était "un peu facile de faire de la générosité à bon compte sur le dos des entreprises", pour reprendre les propos de la députée Sereine Mauborgne, présente au moment du débat le 30 janvier. Eric Woerth y a vu, lui, un certain "cynisme" de la part de LaRem et du Modem : "Est-ce qu’on doit faire de la politique comme ça ?" 

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Eric Woerth est largement revenu sur la polémique, née du rejet de la proposition de loi UDI proposant l'allongement du congé de deuil parental à douze jours, contre cinq actuellement. Les députés LaREM s'étaient exprimés contre, en raison du système de financement de la mesure. Face au tollé, la majorité a pris un virage à 180 degrés et propose désormais... un congé de quinze jours ouvrés pour les actifs, soit davantage que la proposition initiale. 

"Est-ce qu’on doit faire de la politique comme ça ?" s'est interrogé l'ancien ministre du Budget. "Il suffisait de s’excuser sur cette grave erreur d’appréciation. L’erreur a été de se dire au départ : tout texte qui venant de l’opposition est par essence mauvais car il vient de l’opposition." Pour rappel, c'est le député Bricout qui, profitant de la niche parlementaire de l'UDI, avait soumis cette proposition, soutenue à gauche et à droite. "Je croyais qu’on avait changé de méthode", a ensuite ironisé le parlementaire. "Le cynisme n’est pas une bonne manière de faire de la politique." 

Eric Woerth demande au gouvernement "de ne pas respecter son calendrier"

Questionné par Elizabeth Martichoux sur le débat parlementaire en commission spéciale concernant la réforme des retraite, Eric Woerth est très clair sur le sujet : la majorité "ne doit pas respecter" fixé, qui impose une adoption du projet de loi avant les élections municipales. Le président de la commission des Finances dénonce "un texte mal fait" et "mal ficelé". "Où est l’urgence ? Ils ont mis plus de deux ans pour aboutir à ce projet extraordinairement confus. C’est un projet incomplet où il n’y a même pas le financement."

Quant à la question des nombreux amendements déposés en commission, pour Eric Woerth il s'agit de l'exercice normal du travail parlementaire. "S’il y a beaucoup d’amendements, il faut prendre le temps de les regarder. On ne pèse pas au poids, on n’achète pas des kilos de pommes. L’obstruction naît de la réforme elle-même, parce que cette réforme est confuse, parce que personne ne la comprend, parce qu’aucun Français ne sait en réalité comment il sera traité. Vous aurez un âge pivot, un âge légal, des points d’achat, des points de service, une durée de cotisation, … Aucun pays ne procède ainsi." 

"Il y a 29 ordonnances, donc on demande au parlement de déléguer son droit de légiférer. Honnêtement, on n’a jamais vu ça. Il y a en plus des décrets partout. Imaginez qu’il y aurait un 49.3, quelle serait la place du parlement ?" 

"La seule réponse que le RN a toujours, c'est sur l'immigration"

Autre cible de choix de l'ancien ministre pendant son interview matinale, le RN, "totalement absent du débat sur la réforme des retraites". Le parti a en effet clamé qu'il faisait l'impasse sur le travail en commission. Un boycott qui trahit une faiblesse du parti d'extrême droite en matière de sujets socio-économiques, constate Eric Woerth. Qui convoque ainsi un souvenir, celui de la précédente réforme des retraites, qu'il portant comme ministre du Budget. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que sa rencontre avec la dynastie Le Pen ne lui a pas laissé un souvenir impérissable. "J'ai reçu Jean-Marie et Marine Le Pen dans mon bureau en 2010. Ils ne connaissaient pas un mot de ce qu'était la retraite des Français. Rien. Juste vaguement que c'était de la répartition." 

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Le constat est sans appel pour le parlementaire, qui diagnostique "un problème de travail" de la direction du parti d'extrême droite. "Ils ne font que de la politique au mauvais sens du terme. La seule réponse qu’ils ont toujours c’est sur l’immigration". Y compris sur le débat des retraites. 

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