VIDÉO - Fonction, salaire, avantages, vis ma vie de député

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PALAIS BOURBON - Le 18 juin prochain, les Français éliront leurs 577 nouveaux députés. De leur place à l'assemblée à leurs moyens de transport, LCI vous décrypte leur futur quotidien.

Des débats houleux autour de la loi Travail aux fous rires de Christiane Taubira, les images de l'Assemblée Nationale feraient parfois passer nos députés pour des écoliers sur les bancs de l'école. Ici pas d'"amphi" mais un hémicycle, l'Assemblée Nationale, au coeur du Palais Bourbon à Paris. Leur rentrée ne va pas tarder : ils seront reçus par l'administration le 19 juin, dès le lendemain du scrutin.

A chacun sa place

C'est dans ces locaux qu'ils seront chargés de représenter les citoyens, de voter les lois et de contrôler le gouvernement. Mais avant de commencer le travail, les députés vont devoir s'organiser. Tout d'abord, ils doivent constituer des "groupes parlementaires", concrètement il s'agit de groupes de députés (15 au minimum) qui se réunissent autour d'une couleur politique. Ces groupes déterminent l'emplacement des députés (mais pas que). Car oui, un parlementaire n'a pas le droit de s'asseoir où il  veut. A la "rentrée", avant que ces groupes soient constitués, les députés sont placés par ordre alphabétique. Impossible de se mettre discrètement à côté de son "copain de promo". Lors de la dernière législature en 2012, François Copé s'est ainsi retrouvé côte à côte avec Gilbert Collard... Evidemment, cela ne dure qu'un temps. 


Les députés rejoignent rapidement le groupe parlementaire de leur parti, qui régit pour la suite leur position. Le groupe de la majorité présidentielle se positionne devant le perchoir, face au président de l'Assemblée Nationale, du côté gauche ou du côté droit selon sa couleur. Les groupes d'opposition de gauche sont à la gauche du groupe de la majorité, il en est de même pour la droite. Au sein même des groupes, les membres ont des places attitrées, les chefs de file négociant souvent celles de devant, au plus près des caméras... 


Les "non inscrits", qu'ils aient quitté un groupe par choix idéologique ou qu'ils ne soient pas assez nombreux pour en constituer un, sont relégués au fond de la classe, en haut de l'hémicyle, en-dessous des loges accueillant le public.

De l'importance d'être unis

Mais ces fameux groupes n'ont, évidemment, pas pour seule utilité de "placer" les députés. Ils permettent surtout de peser dans les débats. Le temps de parole est par exemple distribué en fonction de l'importance numéraire du groupe. Les présidents de groupe participent également à la Conférence des présidents qui décide de l'ordre des travaux et organise les débats, ils peuvent notamment demander un scrutin public ou une suspension de séance. Enfin la constitution des huits commissions permanentes est établie proportionnellement à la taille des groupes. Ces commissions thématiques planchent notamment sur les textes de lois en amont des débats. 

Des allers-retours entre Paris et sa criconscription

Mais un parlementaire ne passe pas ses journées à l'Assemblée, il partage son temps entre Paris et sa circonscription. En général, il siège à l'Assemblée du mardi au jeudi pour assister aux séances ordinaires et travailler au sein de sacommission. Le reste du temps, il va à la rencontre de ses administrés. Chaque député a d'ailleurs à sa disposition une enveloppe de 130 000 euros à allouer aux associations et aux collectivités locales. La répartition de cette réserve parlementaire est publique

Un député gagne-t-il des millions ?

Un député n'a évidemment pas le droit de se servir à tritre personnel de cette somme, son salaire est règlementé. Il touche chaque mois 7209,74 euros bruts, soit près de 5500 euros nets, et bénéficie de quelques avantages. Il peut ainsi piocher dans son indemnité de frais de mandat (5840 bruts mensuels) pour couvrir les frais liés à sa fonction comme l'essence pour ses déplacements dans sa circonscription, les gerbes de fleurs des différentes cérémonies auxquelles il assiste ou encore les coupes des tournois sportifs locaux. Ses déplacements professionnels sont également pris en charge : des voitures avec chauffeur sont à disposition pour les déplacement à Paris et en Ile-de-France. Un député possède également une carte SNCF pour voyager librement partout en métropole en 1ère classe. Dernier moyen de transport possible : l'avion. Un député de métropole peut ainsi voyager 80 fois entre Paris et sa circonscription et 12 fois en dehors, chaque année.


On peut également noter : un bureau à disposition, du matériel informatique, l'affranchissement du courrier, un abonnement mobile pour cinq lignes ou encore un "restaurant d'entreprise". Enfin, il possède une enveloppe de 9618 euros chaque mois pour rémunérer de un à cinq collaborateurs. La répartition des salaires est à sa discrétion...

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