François Fillon victime d'"un système pour le contraindre au retrait", selon son avocat

François Fillon victime d'"un système pour le contraindre au retrait", selon son avocat
Politique

JUSTICE - Invité de LCI, l'avocat de François Fillon a estimé que l'ancienne cheffe du parquet national financier (PNF) avait été contrainte d'ouvrir une information judiciaire pour mettre en examen son client et le discréditer dans la course à la présidentielle.

L'indépendance de la justice sur la conduite de l'enquête sur l'affaire Fillon est de nouveau remise en question. L'ancienne cheffe du parquet national financier (PNF) Eliane Houlette a en effet dit avoir subi des "pressions" de sa hiérarchie dans sa conduite. Entendue le 10 juin par la commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance de la justice, elle a fait part du "contrôle très étroit" qu'aurait exercé le parquet général, son autorité de tutelle directe, rattaché au ministère de la Justice, dans la conduite des investigations.

Ce vendredi sur LCI, l'avocat de François Fillon, maître Antonin Lévy, a tout d'abord rappelé ce qu'il affirme depuis le début "la justice s'est comportée de manière biaisée, anormale, avec une enquête qui part à charge". Selon lui, la justice a tout fait pour mettre hors du jeu l'ancien candidat à l'élection présidentielle, qui avait assuré que s'il était mis en examen il se retirerait. "On a mis en place un système pour le contraindre au retrait. Dès les premiers jours de février, on met la pression sur madame Houlette pour ouvrir cette instruction. Elle résiste, et elle finira par ouvrir cette information judiciaire", conduisant à la mise en examen. 

"Une forme de soulagement"

"La raison invoquée pour l’ouvrir, juridiquement c’est du flan", a poursuivi l'avocat, selon qui Eliane Houlette "s’est abritée derrière une histoire de prescription parce que je pense qu’elle n’a pas eu le choix et qu’on l’a contrainte à ouvrir une information judiciaire pour désigner un juge d’examen spécifique, mettre en examen François Fillon et ensuite conduire une enquête à charge, biaisée, en éliminant tous les éléments à décharge". L'ancienne cheffe du PNF a réaffirmé lors de la commission d'enquête avoir décidé en toute indépendance d'ouvrir une enquête visant les époux Fillon après des soupçons d'emplois fictifs révélés par Le Canard Enchaîné.

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Antonin Lévy estime qu'il faudra demander des comptes pour savoir de qui provenaient les demandes adressées au parquet national financier. "Madame Houlette a des fiches, des dates, elle a tout noté, parce qu’elle sait que derrière on pourra et on devra remonter aux demandes d’origine qui ont été faites. Aujourd'hui je ne sais pas d’où vient la demande. De la direction des affaire criminelles et des grâces, du cabinet du garde des Sceaux, du garde des Sceaux lui-même ? Il serait intéressant, je crois que c’est en cours d’analyse, de demander au parquet général s’ils ont conservé ces demandes écrites, pour les relayer à madame Houlette", a déclaré Antonin Lévy, qui pense aussi que les remontées du PNF au parquet général est ce qui a pu engendre des fuites.

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Antonin Lévy a également expliqué qu'à ces révélations sont client avait ressenti "une forme de soulagement". Et l'avocat d'expliciter : "Quand ça fait plus de trois ans que vous êtes seul à le crier dans le désert, abandonné par une partie de vos amis politiques, c’est agréable d’avoir cette confirmation que vous aviez raison. Il y a en même temps une forme de colère à cause du détournement de nos institutions. François Fillon a toujours infiniment respecté le processus, la justice."

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