VIDÉO - Gilets jaunes : Castaner s'en prend aux "révolutionnaires d'opérette" Drouet et Nicolle, qui lui répondent

Politique
VIOLENCES - Présent sur le plateau de LCI lundi 18 mars, le ministre de l'Intérieur a fustigé l'attitude des deux célèbres Gilets jaunes Eric Drouet et Maxime Nicolle, dans leur réaction aux saccages observés le samedi 16 mars dans Paris. Et a ouvert la porte à leur poursuite en justice.

Ce sont deux déclarations qui ont fait bondir le Premier ministre et son ministre de l'Intérieur. Eric Drouet et Maxime Nicolle, figures des Gilets jaunes, ont ainsi livré leur opinion quant aux destructions observées samedi 18 mars. Le premier a fait un "constat amer, parce que c'est apparemment la seule chose qui fait bouger le gouvernement", tandis que le deuxième, après s'être dit "fier" de l'attitude des manifestants, a jugé que "la violence et la destruction", qui "sont toujours regrettables [...] ne viennent pas de nulle part."

"Qu'ils remboursent les millions d'euros de dégâts"

Invité de LCI lundi 18 mars, Christophe Castaner a réagi avec virulence à cette légitimation des violences : "Vous rendez-vous compte que ces deux personnages sont fiers [un seul, en fait, ndlr] que quelqu'un ait mis le feu à un immeuble d'habitation au risque de voir périr des familles entières à l'intérieur ? Ce sont des révolutionnaires d'opérette. Ce sont des révolutionnaires dangereux parce qu'ils alimentent cette violence." Et d'assurer que, pour "ces propos qui sont purement scandaleux", il saisirait le juge au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, qui fait obligation à "toute autorité constituée, officier public ou fonctionnaire" de signaler un délit ou crime dont ils ont connaissance.


Car pour Christophe Castaner, cela ne fait aucun doute : Maxime Nicolle et Eric Drouet seraient responsables des violences et devraient donc en assumer les conséquences. "Je souhaite qu'il y ait des poursuites pénales mais aussi qu'ils assument financièrement la casse, puisqu'ils sont heureux de la voir." Pour "les nombreux chômeurs" générés par le mouvement et les "millions d'euros de dégâts", le patron de Beauvau veut frapper au portefeuille : "Il faut qu'ils remboursent sur leurs deniers personnels, il n'y a pas de raison que ce soit l'impôt, le contribuable, qui paye la casse". 

En vidéo

L'article 40, mesure efficace contre les violences ?

La sortie du ministre de l'Intérieur n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. En milieu de soirée, lundi 18 mars, Maxime Nicolle a, dans un long texte publié dans son groupe Facebook, répondu au ministre. "Vous invoquez l'article 40... Bien, faites donc, je me tiens à la disposition de la justice", a-t-il notamment lancé, attaquant à son tour le gouvernement français : "Vous indiquez vouloir punir ceux qui souhaitent détruire la république et ses institutions, je vous rappelle que seuls ceux qui représentent le peuple prennent les décisions, il apparaît donc clair que la vente des biens français, la répression d'une partie du peuple en souffrance, les blessés, mutilés, handicapés par dizaines sont de votre fait !

Il a été suivi rapidement par Eric Drouet qui, dans un live YouTube, a également retourné les accusations du gouvernement contre leurs auteurs : "Vous voulez porter les accusations sur certaines têtes du mouvement pour ce qui s'est passé samedi ? Moi je pense que les premières personnes à mettre en cause là-dedans, c'est MM. Edouard Philippe, Castaner et Macron, avec leur organisation, leur gestion de crise désastreuse, et encore, il faudrait qu'il y ait un début de gestion." [...] Quand malgré les blessés et les morts, vous vous étonnez qu'on ait encore notre motivation ? Mais les casseurs, c'est pas nous. C'est vous qui les avez amenés là. [...] Si la justice doit venir chercher quelqu'un, je pense que c'est vous." 


Quant à la menace de l'utilisation de l'article 40 du code de procédure pénale, voilà la réponse que le routier Gilet jaune : "Je demanderai à la justice de faire son travail et de demander à ces messieurs d'arrêter d'utiliser la justice comme nous on prend notre voiture. [...] Nous n'avons pas fait appel à la casse, à la haine. Ces accusations diffamatoires sont très pénibles. [...] Je n'ai rien à me reprocher, j'espère que la justice fera son travail."

Hausse de l'amende pour participation à une manifestation interdite

En dehors de l'aspect pécuniaire, la sortie de Christophe Castaner faisait référence à l'annonce, un peu plus tôt, d'Edouard Philippe, qui souhaitait sanctionner ceux qui avaient "encouragé et légitimé les violences". "J'ai demandé au ministre de l'Intérieur de systématiquement saisir la justice à leur encontre". Sur quelle base ? Là est la question : l'appel à la violence est bien un délit, punissable de cinq ans de prison et 45.000 euros d'amende quand il n'est pas suivi d'effet, voire de la même peine que les délits commis suite à cette appel. Toutefois, l'apologie d'un délit, la destruction de biens, par exemple, tel que souhaiteraient le sanctionner les deux hommes, n'en constitue pas un. C'est l'apologie d'un crime qui constitue un délit, comme le stipule la loi sur la liberté de la presse.


L'exécutif ne s'est pas arrêté là, puisqu'Edouard Philippe a également voulu resserrer les dispositifs légaux autour de la participation à des manifestations interdites, hypothèse qui a pris du corps lors de son allocution, ce lundi. "Tous ceux qui participent, de facto, protègent les casseurs", encourront une amende au montant "nettement" augmenté, en cas de participation à une manifestation interdite. De 38 euros maximum, elle passera à 135 euros, a annoncé le ministre de l'Intérieur, sur le plateau de LCI. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La colère des Gilets jaunes

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter