Gilets jaunes : quand l'extrême-droite et l'extrême-gauche s'affrontent en manifestation

Politique
TENSIONS - Très vite, après les débuts du mouvement, des groupes de Gilets jaunes d'extrême-droite et d'extrême-gauche se sont affrontés. Ce samedi 9 février, une violente bagarre a éclaté dans le centre-ville de Lyon. Des précédents ont déjà eu lieu depuis début décembre, notamment à Paris.

Ils ont le même maillot, mais ils n'ont pas les mêmes opinions. Ce samedi, des militants d'extrême-droite et d'extrême-gauche se sont violemment battus dans les rues de Lyon, au niveau du Cours Lafayette, à l'occasion de la nouvelle journée de mobilisation des Gilets jaunes. Si, idéologiquement, tout oppose ces deux groupes, ils ont en commun de porter la fameuse tunique fluo. 

Exceptionnelle par sa violence, cette scène est malgré tout habituelle depuis le début du mouvement lancé le 17 novembre dernier. Se voulant apolitiques et refusant toute récupération par un quelconque camp politique, les manifestations des Gilets jaunes ont très vite compté dans leurs rangs des militants de gauche, de droite, mais aussi d'extrême-gauche ou d'extrême-droite. Si tous peuvent enfiler un gilet jaune et soutenir les mots d'ordre du mouvement, nationalistes et antifascistes tentent aussi de ne pas lâcher du terrain dans la rue.

Dès le 1er décembre, une vidéo présentant d'abord une bagarre entre "casseurs" et "Gilets jaunes" a largement circulé sur internet. La vidéo montre en réalité un leader d'extrême-droite, Yvan Benedetti, être attaqué par d'autres personnes, qu'il présente comme des militants antifascistes. Comme l'a indiqué Libération, l'ex-membre du FN et ancien président du groupe ultranationaliste "L'œuvre française" avait partagé la vidéo de la bagarre en "s'identifiant lui-même ainsi qu'une photo de lui accusant des 'antifas'".

Le 8 décembre, rebelote, toujours à Paris. Une vidéo du collectif "Street politics" a publié le lendemain une vidéo montrant un groupe d'"antifas" prenant à partie des militants royalistes de l'Action française avec pour objectif de les "sortir" de la manifestation des Gilets jaunes. Là encore, dans les deux camps, le jaune est de rigueur.

Dernière occurrence d'un affrontement de ce type documenté : la manifestation du 26 janvier, à Paris. Cette fois, ce sont des militants d'ultra-droite qui attaquent le cortège du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). La vidéo montre encore que les Gilets jaunes se trouvent des deux côtés. L'attaque a été revendiquée par la suite sur les réseaux sociaux par un groupe d'extrême-droite qui s'appelle "Les Zouaves Paris", et a affirmé avoir causé "6 blessés" par les militants du NPA, rapportait France Soir.

"Cela fait un moment qu'on alerte nos autorités, mais c'est minimisé. Au ministère de l'Intérieur, on nous dit que c'est la guerre des boutons, alors que c'est de plus en plus violent. Nous, ce qu'on craint, c'est une nouvelle affaire Méric, qu'un membre de l'ultragauche ou de l'ultradroite meure sous les coups lors d’une manifestation des Gilets jaunes", a affirmé une source policière sous couvert d'anonymat dans une enquête de Franceinfo consacrée aux tentatives de noyautage du mouvement par l'ultradroite. Des tentatives facilitées par une position politique qualifiée d'"intenable", et qui obligera à un moment les Gilets jaunes à "choisir".

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La colère des Gilets jaunes

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter