Grand débat, Marion Maréchal, "fake news" : ce qu'il faut retenir de l'intervention de Marine Le Pen au "Grand Jury"

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POLITIQUE - Alors qu'Emmanuel Macron doit prochainement rendre ses arbitrages à l'issue du Grand débat et alors que la campagne pour les européennes va débuter, Marine Le Pen était l'invitée du Grand Jury ce dimanche sur LCI, en partenariat avec RTL et Le Figaro. Voici ce qu'il faut retenir de son intervention.

Un Président qui ne "changera pas de direction", des terroristes qui ne "prennent pas l'avion" et une nièce qui a "le droit de penser ce qu'elle veut". Marine Le Pen était l'invitée du Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro ce dimanche 14 avril, où elle a été invitée à réagir sur plusieurs sujets d'actualité. Parmi ceux-ci, évidement, les élections européennes et le Grand débat national, mais aussi les "fake news" ou le terrorisme islamiste. Tour d'horizon.

Elle n’attend "rien" des mesures d’Emmanuel Macron

Alors que le président de la République doit clôturer le Grand débat national la semaine prochaine en faisant de nouvelles annonces, Marine Le Pen estime d’ores et déjà qu’elles seront "minimes, anecdotiques, à la marge" car elle pense qu’Emmanuel Macron ne "changera pas de direction".


L’élue d’extrême droite pressent même qu’il y aura une "véritable escroquerie" dans ces annonces, citant la possibilité d'un référendum d’initiative partagé. "Il est quasiment impossible à mettre en œuvre", regrette-t-elle. Ajoutant que, selon elle, seule l’instauration du référendum d’initiative citoyenne ou partagée peut "entraîner la mise en œuvre immédiate d’un référendum". "S’il [Emmanuel Macron] s’arrête au référendum partagé, alors, objectivement c'est un enfumage et un grand mépris à l'égard des Français."

La présidente du Rassemblement national va même plus loin affirmant que le Grand débat national a été "totalement pipé". "Les chiffres de participation sont à moitié faux (…) et les questions étaient déjà contraintes et par conséquent on enfermait la pensée." Selon elle, cet exercice démocratique est une "tricherie" qui n’aboutira que sur les "propositions de monsieur Macron". "Il voulait faire de la communication et gagner du temps. On ne dupe pas le peuple français." 

Pour une dissolution et l'instauration de la proportionnelle

Marine Le Pen insiste : elle estime qu’il faut une dissolution de l’Assemblée nationale. "Le président de la République refuse de revenir aux urnes, ce qui est pourtant le droit que nous donne la Constitution quand on est confronté à une crise sociale." 


Un retour aux urnes qui ne peut cependant pas se faire sans une mise en place au préalable de la proportionnelle. Car elle considère que ce mode de scrutin est "plus respectueux des différentes sensibilités politiques" d’un pays malgré les risques d’instabilité politique. Selon elle, c’est même ce nouveau mode d’élection qui permettra de "changer le rapport des Français aux élus". Une proposition qui pourrait en partie être mise sur la table par Emmanuel Macron. Selon des échos de l'Elysée, le chef de l'Etat pourrait introduire une dose de 20% ou 25% de proportionnelle à l’Assemblée nationale. Des "miettes de démocratie", selon la présidente du RN. 

Marine Le Pen pense arriver en tête des européennes

Malgré des sondages qui donnent le RN derrière la liste de la majorité, Marine Le Pen n’est pas inquiète pour le scrutin européen. Elle estime que, "oui", elle "pense arriver en tête". "La campagne n'est pas terminée", a-t-elle ajouté, déclarant également qu’elle continue à "tendre la main" à ses anciens partenaires, notamment Nicolas Dupont-Aignan. "Je pense que si nous étions partis ensemble, nous serions d'ores et déjà devant Emmanuel Macron dans les sondages", a-t-elle expliqué, rappelant qu’il n’était "jamais trop tard". 


La présidente du RN en a donc profité pour appeler les Français à "se saisir des européennes pour pouvoir dire ce qu'ils pensent de la politique d'Emmanuel Macron". Un vote punitif pour éviter que le président de la République ne "légitime l'action politique qu’il met en œuvre depuis deux ans".

Marion Maréchal Le Pen a "le droit de penser ce qu’elle veut"

Marine Le Pen aura-t-elle le soutien de sa nièce pour les élections européennes ? Rien de moins certain. "Elle ne veut pas s'engager", a insisté la présidente du RN sur notre antenne. "Je ne vais pas contraindre des gens à faire campagne s'ils ne veulent pas la faire." Selon elle, Marion Maréchal Le Pen s’est engagée dans un "autre processus", celui de la "meta-politique". "Elle met en place les conditions dans son école des formations des élites de demain."

"Les terroristes ne prennent pas l’avion"

"Les terroristes ne prennent pas l’avion", réitère Marine Le Pen. Elle a défendu la position de la tête de liste du RN aux européennes, Jordan Bardella, qui jugeait "inefficace", ce jeudi 11 avril chez nos confrères de France Info, le Passenger Name Record (PNR). Ce fichier européen, qui collecte les données des passagers aériens, avait été adopté par les eurodéputés en 2016, sans les voix des députés du RN. Selon la présidente de l’ancien Front National, ce fichier participe même à "la colonisation" de la France grâce à la "maîtrise des données par des puissances étrangères", arguant que les données étaient exploitées "aux Etats-Unis".

Traité d'Aix-la-Chapelle : Marine Le Pen persiste et signe

Alors que Bruno Cautres, chercheur CNRS et au CEVIPOF, épinglait Marine Le Pen sur les infox qu’elle a pu partager, celle-ci a avoué qu’il lui arrivait de se "tromper". Mais concernant ses propos sur le pacte d’Aix-la-Chapelle ou sur les migrants qui toucheraient d’avantage qu’un retraité modeste, elle persiste et signe. "Sur ces deux exemples, ce que j’ai dit est tout à fait juste". Elle considère même avoir "une analyse extrêmement claire" du Traité d’Aix-la-Chapelle, qu'elle accuse une nouvelle fois de créer les conditions d'un siège franco-allemand au Conseil de sécurité de l'ONU.

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