VIDÉO - "Il se trouve que j'ai des poules" : Cédric Villani s'engage contre la souffrance animale et l'élevage en cages

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Le député La République en marche a partagé son expérience personnelle pour justifier son vote de la prochaine loi contre la souffrance animale. Une loi qui pour le moment n'entend pas interdire l'élevage en cages, comme le demandent les associations de défense des animaux.

C'était un des sujets du jour. Dans une vidéo publiée par l'association de protection des animaux L214, l'actrice Sophie Marceau dénonçait les conditions de vie des poules pondeuses dans un abattoir des Côtes d'Armor, et en appelait aux députés qui doivent prochainement voter la loi sur l'Alimentation. Un député, LCI en avait invité un, dimanche 20 mai, sur le plateau du Live politique, en la personne de Cédric Villani, célèbre mathématicien et soutien de la première heure d'Emmanuel Macron.


Et pour le titulaire de la médaille Fields, membre du groupe de travail parlementaire sur la condition animale, il n'est pas question d'autre chose que de voter tous les amendements ayant trait à son amélioration. L'ensemble passant notamment, ainsi qu'y appellent L214 et Sophie Marceau, à voter pour l'interdiction de l'élevage des poules en cage : "C'est un sujet qui m'importe et je voterai pour l'interdiction".

"On ne peut pas se satisfaire d'une situation où certains animaux souffrent pour notre bien-êtreé

Et l'élu de la cinquième circonscription de l'Essonne de s'épancher sur une anecdote un peu plus personnelle, un peu sortie de nulle part, qui semble l'encourager à porter un regard attentif aux amendements sur la protection des animaux : "Je fais partie des gens qui ont eu ou qui ont des poules dans leur jardin et qui pensent qu'on ne peut pas se satisfaire d'une situation dans laquelle certains animaux ont le droit de souffrir pour notre bien-être."


L'engagement de Cédric Villani ne vaut en tout cas que pour lui, comme le montre sa modération après une relance de Christophe Jakubyszyn : "Ici, il s'agit d'amendement, du travail de la loi. [...] Comme toujours, c'est très complexe, parce qu'il y a une dimension économique. Mais dans ce cas particulier, je serai très sensible à la question de la condition animale." Pour mettre en avant son implication, le député devra peut-être aller à l'encontre de la discipline de vote au sein de son groupe. En effet, la commission des affaires économiques, qui s'est penchée sur l'article 13, relatif aux pratiques d'élevage tant décriées, a rejeté les différents amendements, notamment de la France insoumise visant à les interdire. 


Le rapporteur de la loi sur l'Alimentation a ainsi proposé de renvoyer cette interdiction à 2028, contre l'avis du gouvernement, qui a poussé le vote d'un amendement engageant les filières d'élevage à "prendre les devants et s'imposer une discipline de progrès, dans des délais [...] compatibles avec les fortes attentes sociétales et avec la nécessaire adaptation économique des exploitations". De quoi laisser aux acteurs le temps de se retourner, sans répondre directement à une question sur lesquels les Français ont un avis pour le moins tranché, et à la grande colère de l'association L214 :

L'interdiction de l'élevage en cages rejeté en commission

Cédric Villani votera-t-il un amendement allant plus loin que celui-ci, comme ne devraient pas manquer de le soumettre la France insoumise et d'autres groupes ? Le règlement intérieur du groupe La République en marche à l'Assemblée, particulièrement commenté, ne lui interdit pas. Mais, comme le rappelait Checknews récemment, "aucune proposition de loi émanant de l'opposition n'a jusque là été approuvée par des élus En marche". Il faudra soit créer un jurisprudence, soit proposer un amendement ayant de fortes chances d'être désapprouvé par l'exécutif... une démarche qui, par le passé, n'a guère était couronnée de succès. 


Cédric Villani joue d'ailleurs la prudence quant au devenir de l'interdiction de l'élevage en cages : "Je n'émets pas de pronostics sur ce qu'il va se passer. Il y a 312 députés dans le groupe La République en marche, il y a beaucoup, beaucoup de monde qui va voter. [...] Quand je vous dis que je voterai pour l'interdiction, ça ne veut pas dire qu'une majorité votera pour. [...] Mais sur ces questions en particulier, il est naturel qu'il y ait un peu plus de liberté au sein du groupe."

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