Immigration, appel à l'unité, nouvelles priorités : ce que Macron a dit aux députés de la majorité

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"ACTE 2" - Devant 200 parlementaires de sa majorité, le chef de l'État a appelé à l'union et listé les nouveaux axes de la deuxième moitié du quinquennat lundi 16 septembre. Tout en évoquant la "crise politique, sociale", qui "a exprimé ce qui existait depuis des décennies".

Face aux parlementaires de sa majorité, le Président a dressé, lundi soir, le bilan des deux premières années au pouvoir et fixé le cap de la deuxième moitié de son quinquennat. Accueilli par le Premier ministre et le ministre chargé des relations avec le parlement Marc Fesneau, organisateur de la réunion, Emmanuel Macron a appelé à l'union, à l'action et à l'humilité devant 200 députés et sénateurs LaREM, Modem et alliés. Quels ont été les principaux éléments du discours du chef de l'État devant son camp ?

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Le bilan des deux ans

Emmanuel Macron a commencé sa prise de parole avec un mot pour Richard Ferrand, "qu'on est tout particulièrement content de retrouver en ce moment", ainsi que pour les parlementaires "attaqués, insultés, bousculés" cet été. Et le Président de remercier sa majorité pour les "50 lois votées et promulguées" : "Vous avez eu deux saisons pleines, complètes. Peu de gouvernements et de parlements ont autant travaillé et porté des réformes en profondeur comme celles que vous avez portées." 

"Nous sortons d'une crise politique, sociale, profonde. Une crise qui a exprimé ce qui existait depuis des décennies. Les vents ne sont pas de face mais il faut être précautionneux. Les inquiétudes sont là. Si nous avons tenu bon, nous devons nous garder de toute forme d'arrogance, et d'une prudence qui nous conduirait à l'immobilisme", a poursuivi le chef de l'État devant ses troupes, évoquant "plusieurs catégories de la population [qui] restent nerveuses".

Travail, écologie, retraite, immigration-sécurité : les quatre piliers de la deuxième phase du quinquennat

Après avoir salué le projet de loi sur la bioéthique "très bien préparé", Emmanuel Macron a annoncé une "deuxième phase" du quinquennat qui est "celle de nouvelles réformes, amples, profondes, pas moins ambitieuses". Et listé quatre priorités pour cette deuxième moitié de mandat.

Premier axe : le travail. "C'est le fil rouge de notre action depuis deux ans et demi. La bonne manière de lutter contre la pauvreté n'est pas de la subventionner mais d'émanciper par l'activité économique", a déclaré le chef de l'État.

Deuxième axe : l'écologie. Évoquant des sujets de débats comme le glyphosate, la loi alimentation ou encore la loi mobilité, le président a estimé que lui et sa majorité n'ont "pas réussi pendant un temps à construire ou fixer nous-mêmes le cadre de référence" en termes de politique environnementale. "Le cadre de référence a toujours été donné par les plus durs, les plus extrêmes. (...) Nous avons tous les leviers pour mettre en place pour notre pays une transition 'en vrai'", a affirmé Emmanuel Macron.

Troisième axe : les retraites. "Ce qu'on va devoir penser, c'est comment on travaille tout au long de sa vie", a lancé chef de l'État, pour qui la réforme des retraites est un "chantier absolument essentiel, au cœur de notre programme". Et le président de critiquer un système créé "en sortant de guerre" : "la bataille que nous commençons, c'est d’expliquer ce qui ne va pas. Rappelons aux gens ce qu'ils vivent : les 42 régimes ! Le caractère obsolète des régimes spéciaux ! Ces profondes injustices et iniquités." Appelant à "assumer un temps de débat, avec les syndicats" et à "ne rien fermer trop tôt", il a enjoint ses troupes à "avancer avec beaucoup de calme".

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Quatrième axe : les questions régaliennes, notamment l'immigration et la sécurité. Emmanuel Macron veut "parachever le travail sur la PSQ (police de sécurité du quotidien, ndlr)" et sur la radicalisation, et évoqué l'enjeu du "communautarisme", un "sujet [qui] ne doit pas être un marqueur mais un pan assumé de notre action", qui passe "par l'école, les services publics, la République".

Le chef a plus longuement parlé des questions migratoires : "Nous sommes une terre d'immigration. Cela crée des tensions mais il faut le regarder en face. La difficulté qui est la nôtre, c'est que nous sommes face à un phénomène nouveau : les flux d'entrée n'ont jamais été aussi bas en Europe et les demandes d'asile jamais aussi hautes en France. Je crois dans notre droit d'asile, mais il est détourné de sa finalité par des réseaux, des gens qui manipulent". Et de poursuivre : "Si nous ne le regardons pas en face, nous le subirons. Cela donne quoi ? Des quartiers ou le nombre de mineurs non accompagnés explose. (...) Les bourgeois ne croisent pas l'immigration, ce sont les territoires les plus pauvres qui en sont le réceptacle."

L'appel à l'union de la majorité (et le tacle à Villani)

"J’attends de vous l'unité. A la fin des fins, quand sonne la cloche, malgré les différences, on y va ensemble. C'est la bienveillance, l'unité", a conclu le président à l'adresse des parlementaires de la majorité. Plus tôt dans la soirée, il avait dit vouloir "une nouvelle méthode". "C'est normal qu'il y'ait des divergences, mais on ne peut pas être cacophoniques. La bienveillance n’est pas la naïveté, l'inaction."

"Nous nous retrouvons aussi dans une phase politique qui nous oblige tous. Les élections municipales vont poser la question de la capacité de notre mouvement politique à s’enraciner", a poursuivi le chef de l'État, qui a profité de l'occasion pour adresser un message clair à Cédric Villani, député LREM et candidat dissident face au candidat investi Benjamin Griveaux : "Quand certains disent que les Commissions nationales d'investitures sont illégitimes, ils oublient qu'ils en sont issus", a-t-il lancé.

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