"Je ne suis pas parti sur un coup de tête": le général Pierre de Villiers revient sur sa démission fracassante dans le 20H de TF1

FRANC-PARLER - Invité ce vendredi du 20H de TF1, l'ancien chef d'état-major des armées Pierre de Villiers, qui a démissionné avec fracas le 19 juillet après avoir été recadré par Emmanuel Macron, a expliqué sa décision, affirmant qu'il n'avait pas quitté son poste sur un coup de tête.

Sa démission, fait sans précédent sous la Ve République, avait pour origine des économies de 850 millions d'euros réclamées cette année aux armées. Une décision inacceptable pour Pierre de Villiers, comme il l'a expliqué ce vendredi dans le 20h de TF1. Invité pour parler de son livre intitulé "Servir", l'ancien chef d'état-major des Armées est revenu sur cette fameuse journée du 13 juillet lorsque le chef de l'Etat l'a vertement recadré : "Ce fut une surprise car je ne m'attendais pas à des propos aussi forts", explique-t-il. "Pour autant, je n'ai pas démissionné sur un coup de tête, j'ai réfléchi et j'en ai tiré les conclusions qui s'imposaient", enchaîne-t-il.


Comme il l'écrit dans son livre, publié mercredi 8 novembre, Pierre de Villiers répète que "la vraie loyauté consiste à dire la vérité à son chef. La vraie liberté est d'être capable de le faire, quels que soient les risques et les conséquences (...) La vraie obéissance se moque de l'obéissance aveugle. C'est l'obéissance d'amitié".

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Macron réagit à la démission du Général de Villiers

Il n'y a pas d'amertume. Je ne suis pas un homme de pouvoir, je suis un homme de responsabilitéPierre de Villiers

Sur ces fameuses questions budgétaires, Pierre de Villiers a estimé qu'il n'était plus véritablement l'homme de la mission car "il faut une cohérence entre les besoins et les ressources". "J'ai donc choisi la démission", dit-il. "Il n'y a pas d'amertume. Je ne suis pas un homme de pouvoir, je suis un homme de responsabilités", a-t-il ajouté.


Détaillant dans son livre ces restructurations imposées aux armées au cours des dernières années, le général écrit : "On a déjà donné. On a déjà tout donné. Le ministère de la Défense a été le plus important contributeur de la révision générale des politiques publiques (RGPP) instaurée en 2007 (...) En poste à Matignon entre 2008 et 2010, j'ai pu le vérifier, chiffres à l'appui 

(...) Lorsque les engagements opérationnels sont en hausse et le budget en baisse, j'appelle cela un grand écart", estime-t-il. 


Concluant son livre sur la haie d'honneur et les applaudissements que les personnels du ministère de la Défense lui ont réservé le jour de son départ, Pierre de Villiers "lit dans les regards la déception, la colère parfois, l'incompréhension, mais aussi la fierté retrouvée d'un chef qui est allé au bout de ses convictions". 


Le général de Villiers a été remplacé par le général François Lecointre au poste de chef d'Etat-major des armées.

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