VIDÉO - Jean-Luc Mélenchon à la sortie du tribunal : "Sur le plan moral, notre victoire est totale"

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Jean-Luc Mélenchon, l'"insoumis"

PROCÈS - Quelques instants après la formulation des réquisitions du tribunal de Bobigny à son égard, le député de la France insoumise a pris la parole pour commenter les demandes du parquet. Ne lâchant à aucun moment l'idée qu'il faisait bien l'objet d'une poursuite politique.

Les réquisitions prononcées contre Jean-Luc Mélenchon et ses camarades de la France insoumise, vendredi 20 septembre, ont plongé le député marseillais dans une position paradoxale. D'un côté, il juge que les demandes du parquet font de lui et de ses collègues "les vainqueurs moraux" de cet épisode judiciaire. "Tout ce souk pour ça ?" De l'autre, il a longuement argumenté contre la peine de sursis et l'amende qu'il risque.

Une peine de sursis, "un bâillon sur la bouche"

Il en veut pour preuve la peine de trois mois de prison avec sursis qu'a réclamé à son encontre le procureur du tribunal : "Si nous avions vraiment fait ce dont nous sommes accusés, il faudrait réclamer notre inéligibilité", a-t-il dit à deux reprises, à la sortie du tribunal, d'abord au milieu d'une forêt de micros, ensuite devant les militants venus le soutenir, qu'il a harangués, plus loin des caméras. Des journalistes à qui il s'était adressé ainsi : "Les substituts du procureur, plus loin", incitant les "camarades à ne pas se laisser filmer, parce qu'après, ils envoient les images à la police". Et d'estimer que ce "procès politique" a été "perdu par madame Belloubet", qu'il accuse depuis ce fameux jour d'octobre 2018 d'avoir été l'instigatrice des poursuites formulées à l'encontre de la France insoumise.

Le constat de cette "victoire morale" n'est toutefois pas de nature à rasséréner l'insoumis en chef, qui s'est lancé dans une lourde critique de la peine de prison avec sursis requise contre lui : "Me garder, ce serait aller trop loin. Du coup, on me fait de la prison avec sursis. " Un risque qui reviendrait, selon lui, à lui "mettre un bâillon sur la bouche, à [le] menacer chaque jour de prison : un prison sans fin du piloris médiatique mais encore du devoir de faire attention à chaque mot pour qu'il n'aille pas déplaire à Pierre, Paul ou Jacques."

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Des dommages et intérets pour "stimuler le zèle" des policiers présents lors de la perquisition

Volontiers politique, comme il le fut tout au long du procès, Jean-Luc Mélenchon en a encore plus à dire sur les amendes qu'Alexis Corbière, Bastien Lachaud ou lui-même risquent. Une amende qu'il présente comme une  "proposition d'argent" avec laquelle "on espère stimuler le zèle de ceux [il parle des policiers présents lors de la perquisition] qui appliquent des ordres indignes". Avant d'inverser les rôles : "Est-ce que je demande de l'argent pour être passé à la télévision tous les soirs, d'une manière incroyable, pour me flétrir, m'humilier. Est-ce qu'on s'est soucié des miens ?" Le député ose, ainsi, la thèse du délit de faciès : "On ne cesse de me reprocher mon physique, mes yeux exorbités quand je crie. Je n'ai pas d'autres yeux que cela, je n'ai pas de figure de rechange pour les grands jours".

Reconnaissant que le procureur l'accusait d'"outrage", il n'en espère pas moins que le tribunal ne suivra pas les réquisitions du parquet, passant sur le fait qu'il avait été filmé en train de bousculer le procureur chargé de la perquisition. L'obstruction écartée, "autant reconnaître que nous n'avons en aucune manière tenté de faire entrave à l'application de la loi. [...] Sur le plan moral, notre victoire est totale." Et si la thèse du harcèlement politico-judiciaire n'était pas suffisamment claire pour les observateurs, il termine, citant Cyrano de Bergerac : "Rien ne me fera renoncer à l'honneur d'être leur cible."

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