VIDÉO - L'élection de Richard Ferrand, c'est "Tintin au pays des Soviets", selon un député LR

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MAIN LEVÉE - Invité du Live politique sur le plateau de LCI dimanche 25 juin, le député Les Républicains Guillaume Larrivé a ironisé sur la façon dont les députés de la République en marche avaient placé Richard Ferrand à leur tête, à l'Assemblée nationale.

L'élection de Richard Ferrand à la présidence du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale aura donc fait des remous jusqu'au bout. Le passage du Finistérien du ministère de la Cohésion des Territoires à ce nouveau poste avait déjà fait jaser, alors que les agissements de ce dernier à la tête des Mutuelles de Bretagne faisaient l'objet d'une enquête. "Exfiltration", avaient ricané certains adversaires, "elle est belle, la moralisation", s'étaient plaint d'autres.


Mais une fois l'annonce faite, fallait-il encore être élu. Ce que Richard Ferrand a fini par accomplir, samedi 25 juin, sans la moindre opposition, et par le biais d'un vote à main levée. Résultat : 308 votants, deux abstentions. Un score digne d'une république bananière... ou d'un soviet. C'est en tout cas l'impression qu'en a eu le député Les Républicains de l'Yonne Guillaume Larrivé.

"Pas très rafraîchissant, comme vent printanier"

Ce dernier, qui a refusé d'accompagner les Républicains auto-proclamés "contrstructifs", l'UDI et les indépendants dans leur aventure parlementaire, a eu cette phrase, dimanche 25 juin sur LCI, pour commenter ce vote : "Ça m'a rappelé une scène de Tintin au pays des soviets. C'est quand même assez curieux : candidature unique, candidature officielle, nomination par le président de la République, vote à main levée... Ça me paraît pas très rafraichissant, comme vent printanier sur l'Assemblée nationale". Une analyse que partageaient, anonyment, plusieurs députés macronistes, qui s'étaient plaint, selon Le Monde, de l'absence de déclaration de candidature de la part de leur patron, le tout mêlé à un grand secret autour du déroulement de l'élection.

Si Guillaume Larrivé - qui avait auparavant comparé le groupe de marcheurs à "une assemblée de clones" - n'a pas précisé à quelle scène il pensait, LCI a de son côté mené sa (très) petite enquête et la planche à laquelle fait référence ce proche de Nicolas Sarkozy. Selon toute vraisemblance, il s'agit probablement de celle. On y voit trois commissaires du peuple présidant un soviet, demandant à la population réunie en pleine rue s'ils sont favorables à une liste de candidats. Le tout... pistolets à la main.

Une manière de souligner que, officiellement, on peut s'écarter de la ligne édictée en haut du parti, mais que dans les faits, c'est plus compliqué. Ce que le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Christophe Castaner n'a même pas pris la peine de contester, ce dimanche sur LCI. Interrogé sur l'opportunité de voter à bulletin secret devant l'énormité du score, il a répondu : "Peut-être que du coup, on aurait pu le faire. Mais je suis convaincu que ça n’aurait pas changé grand-chose. Il faut pas focaliser là-dessus."


Et pour appuyer son argumentaire, l'élu des Alpes de Haute-Provence ose un parallèle décoiffant, comme le relève Le Lab : "On aurait même pu ne pas faire voter pour Richard Ferrand, tant les applaudissements et les acclamations du fait qu’on était fiers, qu’ils étaient fiers qu’il soit le président de leur groupe, auraient suffi." Soit un des modes d'élection acceptés pour élire... un pape.

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