Mort d'Henri Emmanuelli : la gauche perd une de ses grandes figures

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DÉCÈS - L'ancien ministre et président de l'Assemblée nationale, Henri Emmanuelli, est mort ce mardi. L'ancien premier secrétaire du PS et ancien président de l'Assemblée nationale était âgé de 71 ans.

L'ancien ministre et président PS de l'Assemblée nationale, Henri Emmanuelli, est décédé ce mardi matin à l'âge de 71 ans des suites d'une longue maladie. Selon le quotidien Sud Ouest, il était hospitalisé depuis quelques jours à Bayonne pour une double bronchite infectieuse. Ombrageux, cassant, connu pour ses colères mais aussi son sens de l'humour, il était affaibli par une neuropathie détectée en 2006. Ces derniers temps, il ne se déplaçait qu'en fauteuil roulant.


Cet homme aux sourcils épais et à la voix rocailleuse avait été, entre 1981 et 1986, secrétaire d'Etat aux Dom-Tom puis au Budget du président François Mitterrand. Trésorier du PS en 1987, il avait présidé l'Assemblée nationale de 1992 à 1993 avant d'être brièvement premier secrétaire du PS entre 1994 et 1995. Il avait alors été battu par Lionel Jospin pour porter les couleurs socialistes à l'élection présidentielle de 1995. 


En décembre 1997, ce mitterandiste historique est contraint de céder son siège de parlementaire après sa condamnation dans l'affaire Urba, en tant que trésorier du PS. Il retrouve néanmoins les bancs de l'hémicycle dès l'année 2000. 


Issu d'un milieu populaire, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, il entre à la Compagnie financière de Banque (CFB) d'Edmond de Rothschild en 1969. En 1972, il adhère au PS, dirigé depuis 1971 par François  Mitterrand. Pourfendeur des "dérives social-libérales" au sein même du PS, il n'a jamais tourné le dos à ses idées et a notamment milité pour le non au référendum sur le Traité constitutionnel européen en 2005. 

Le mentor de Benoît Hamon

Plaidant sans relâche pour un PS clairement ancré à gauche, il devient le compagnon de route de Jean-Luc Mélenchon, encore membre du PS, au sein du courant Nouveau Monde après l'échec de la gauche à la présidentielle de 2002. Il fait ensuite équipe avec Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Benoît Hamon au sein du Nouveau Parti socialiste (NPS). 


Il est d'ailleurs l'un des mentors de l’actuel candidat du PS à l'élection présidentielle. Ce matin, Benoît Hamon s'est dit "bouleversé" par ce dècès, indiquant avoir perdu "une forme d'âme sœur".  En janvier, Henri Emmanuelli avait naturellement apporté son soutien à "son fils spirituel" dans la primaire du PS, émettant toutefois des réserves sur son projet de revenu universel.


Il fut aussi un spécialiste des questions financières. Membre de la commission des finances de l'Assemblée nationale, dont il fut président à trois reprises, ce banquier de profession présida aussi activement la commission de surveillance de la Caisse des Dépôts (CDC), défendant une plus grande indépendance de l'organisme vis-à-vis de l'Etat. 


Ce Corse d'origine et Béarnais de naissance était aussi à la tête du Conseil départemental des Landes depuis 1982. "Henri Emmanuelli incarnait le département depuis 35 ans, c'est un grand vide qui se présente devant nous", a déclaré Xavier Fortinon, vice-président du Conseil départemental, lors d'une séance consacrée au budget, avant une minute de silence très émouvante avec des élus en larmes. 


Il s'apprêtait à achever son ultime mandat à l'Assemblée nationale, ayant déjà annoncé qu'il ne serait pas candidat aux prochaines législatives.

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Hamon : Emmanuelli, une "âme soeur"

Le parcours politique d'Henri Emmanuelli

  • 1Député

    De 1978 à 1997 puis de 2000 à 2017
  • 2Secrétaire d'État en charge des Dom-Tom

    De 1981 à 1983
  • 3Secrétaire d'État en charge du Budget

    De 1983 à 1986
  • 4Président du Conseil départemental des Landes

    De 1982 à 1997 puis de 2000 à 2017
  • 5Président de l'Assemblée nationale

    De 1992 à 1993
  • 6Premier secrétaire du PS

    De 1994 à 1995

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Marie-Noëlle Lienemann sur Henri Emmanuelli : "Il était quelque part la voix de la conscience de la gauche au sein du PS"

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