VIDÉO - La Catalogne va-t-elle faire des émules ? Un député corse demande l’autonomie de son île

QUESTIONS-REPONSES – Mardi 31 octobre, lors des séances au gouvernement à l’Assemblée nationale, le député nationaliste corse Paul-André Colombani a demandé l’autonomie de son île.

"Monsieur le Premier ministre, êtes-vous favorable à l’ouverture d’un processus de dialogue associant l’ensemble des forces vives de notre ile en vue de déboucher dans les meilleurs délais sur une autonomie de plein exercice et de plein droit ?" La question a été posée, ce mardi, en plein hémicycle de l’Assemblée nationale, lors des questions au gouvernement, par le député autonomiste corse Paul-André Colombani. 


Le cas de la Catalogne, qui a proclamé son indépendance, et dont la Corse a été parmi les rares autorités à reconnaitre, ferait-il des émules ?

"Il y a bientôt 30 ans, Michel Rocard, alors à votre place, évoquait au sujet de la Corse un 'mal qui vient de loin'", a commencé le député devant l'Assemblée. "Ces trois dernières décennies ont été rythmées par les conflits, les fractures, une absence récurrente de dialogue de fond entre la Corse, son peuple et l’Etat." Mais les années 2014-2015 "ont marqué le début d’une ère nouvelle pour notre île ; les armes se sont tues", a-t-il poursuivi. Pour le député, "aujourd’hui, l’idée d’une Corse autonome est très largement répandue ; des Corses de naissance ou de cœur, d’origine, d’adoption, nationalistes ou non, partagent massivement et démocratiquement l’aspiration à une évolution politique et institutionnelle fondée non sur le rapport de force mais sur le dialogue, l’esprit de réconciliation et la la recherche d’une solution pérenne."


Cette velléité autonomiste n’est pas nouvelle en Corse, même si elle est remise sur le devant de la scène avec l’actualité catalane. 

J’ai toujours été favorable à une grande autonomieGérard Collomb

Le 9 octobre dernier, le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni avait fait sur RTL un demi-parallèle entre son île et la Catalogne. "Pour nous, l'objectif n'est pas l'indépendance mais un statut d'autonomie", expliquait-il. "Nous, nous voulons sortir de la logique de subvention et aller vers une logique de responsabilité, par exemple exercer un certain nombre de compétences en matière fiscale. [...] Nous ne sommes pas dans une logique de rupture, nous sommes dans une logique fondamentalement démocratique".


Un argumentaire auquel le ministre de l'Intérieur a répondu en rappelant son attachement à l'unité de la République :  "Je sais ce que le développement d’une région doit à la volonté de ses élus. J’ai toujours été favorable à une grande autonomie", a-t-il répondu. "Mais comme l’a dit le président de la République lorsqu’il est allé en Corse, nous sommes favorables à l’autonomie de la Corse, mais à l’autonomie de la Corse en République française."

Il a poursuivi : "Je connais les problèmes qui sont les vôtres, à la fois de développement économique, de taux de chômage des jeunes, de logement, mais l’ensemble de ces problématiques ne se résoudra pas dans une fuite en avant, mais dans un travail en commun entre la République, le gouvernement, les autorités locales et dans un partenariat entre nous tous, au moment ou de grande puissances émergent à travers le monde, il ne saurait y avoir de processus de dislocation, nous y perdrions, et nous, et vous."

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Indépendance de la Catalogne : la crise sans fin avec Madrid

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter