VIDÉO - Le député Bruno Bonnell revient sur la mort de son fils et le rejet de l'extension du congé parental

VIDÉO - Le député Bruno Bonnell revient sur la mort de son fils et le rejet de l'extension du congé parental
Politique

EXPLICATION - Invité de LCI, mercredi 5 février, le député LaREM du Rhône est revenu sur sa prise de parole remarquée, la veille à l'Assemblée. Il avait évoqué la mort de son fils, en plein débat houleux sur le rejet par la majorité de l'extension du congé parental dans le cas du deuil d'un enfant.

Il est celui dont la prise de parole a marqué les esprits, mardi 4 février, alors qu'une Assemblée nationale furibarde se déchirait sur la question de l'allongement du congé parental dans le cas du deuil d'un enfant. "Qui peut s'arroger le privilège de l'humanité et traiter de charognes, d'un coup de tweet, des pères, des mères de familles, des infirmières, des médecins, tous députés, engagés dans l'action sociale ?" avait clamé, furieux, le député LaREM Bruno Bonnell. "Cessez de faire croire qu'il y a 37 coeurs à abattre. [...] Perdre un enfant, c'est perdre son avenir. On met du temps à l'accepter. Pas cinq, pas douze jours, toute une vie !  Pour être un de ceux qui a vécu cela, légiférer sur quelques jours n'est pas le sujet".

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"Il y avait une loi en construction, plus profonde"

Présent sur le plateau de LCI mercredi, le député du Rhône est rapidement revenu sur le drame qu'il a traversé : "J'ai perdu un petit garçon qui souffrait d'une maladie génétique, la leucodystrophie. C'est une maladie qui condamne les gens avant l'âge de 7 ans. Donc vous apprenez que votre fils va mourir, à 2 ans et demi. C'est mon drame, c'est mon chemin, avec mon épouse. Ce n'est pas une médaille de douleur, c'est un fait de la vie". 

Décidé à défendre les parlementaires qui ont voté contre cette extension, il n'en a pas moins exprimé sa "honte, dans [sa] réaction spontanée", quand il a appris que le texte avait été rejeté. Mais, précise-t-il en reprenant l'argumentaire partagé par l'ensemble de la République en marche, si la majorité a rejeté le texte, "c'est qu'il y avait une loi en construction, plus profonde, pour aider les 65% de gens qui doivent faire un emprunt pour les obsèques de leur enfant, l'assistance psychologique des fratries, un délai de carence des allocations familiales". 

"Quand une bonne idée s'exprime, la majorité répond que ça ne va pas dans son agenda"

Autant d'éléments qui, effectivement, ne figuraient pas dans la proposition de loi du député Bricout, à l'origine de cette idée. Un argument qui ne convainc pas le député insoumis Ugo Bernalicis, présent également sur le plateau. Après avoir salué "le courage de Bruno Bonnell", il a regretté que "les niches parlementaires des groupes d'opposition [dont était issue cette proposition de loi, ndlr] soient assez méprisées dans cette Ve République. Quand une bonne idée s'exprime, la majorité répond que ça ne va pas dans son agenda et elle refuse donc de travailler. Ça n'est pas respectueux." Et de défendre à nouveau le vote des douze jours, quand bien même "ça ne résout pas le sujet, c'est un petit point d'appui supplémentaire". "Il fallait les prendre et dire [pour le reste] qu'on allait faire une nouvelle loi".

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En effet, à aucun moment, lors du rejet de cette proposition, n'est venu de la majorité l'argument d'une loi en préparation : seule l'inquiétude de faire peser le financement de cette mesure sur les entreprises a été mis en avant pour justifier ce refus, à l'instar de Muriel Pénicaud ou de la députée Sereine Mauborgne, qui trouvait que ce mode opératoire consistait à "s'acheter de la générosité à bon prix sur le dos des entreprises". 

"Ça a choqué", reconnaît Bruno Bonnell qui, comme chef d'entreprise, assure que "99,9% des patrons" donnent des congés à leurs employés. Et résume ainsi sa pensée : "Si j'en veux à des gens de notre groupe, c'est de ne pas avoir dit qu'ils avaient de bonnes raisons de dire non. Et pas pour des raisons technocrates. Après, c’est l’effet Kiss cool du couac, et on s’est pris les pieds dans le tapis et on s’est cassé la figure".

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