VIDÉO - Le "maître des horloges" Macron égratigné par la présidente de l'association des journalistes de l'Élysée

CRITIQUE - La présidente de l'Association de la presse présidentielle, Elizabeth Pineau, s'est adressé à Emmanuel Macron avant ses traditionnels vœux à la presse. Et, derrière un ton cordial, a adressé plusieurs critiques au Président.

Sous les ors de l'Élysée et le vernis des bonnes manières, Emmanuel Macron a essuyé des critiques de fond de la part d'Elizabeth Pineau, la présidente de l'Association de la presse présidentielle (APP), qui s'exprimait en avant-première des vœux élyséens à la presse.


"Maître des horloges", accès restreint, critique des éditorialistes... la journaliste de Reuters est revenue sur l'exercice de la communication par Emmanuel Macron... en commençant par une première pique : "Nous avons besoin d'avoir l'accès le plus large à vos  actions, à votre parole, à votre pensée, aussi complexe soit-elle", a-t-elle. Et de poursuivre que cet "accès limité" représente "une rupture de style typique des arrivées au pouvoir". Une critique à peine voilée aux petites crises qui avaient émaillées la relation entre les journalistes chargés du suivi de l'Elysée et le palais, notamment quand l'Elysée avait voulu restreindre l'accès des journalistes à l'avion présidentiel pour un déplacement au Mali, en mai dernier.

Cette "parcimonie mise sur le compte de votre volonté de distance et de hauteur exigée par la fonction" a été "ressentie par certains comme une défiance à l'égard de notre profession, et une porte ouverte à cette embarassante compagne du journalisme : la communication", lance Elizabeth Pineau au Président.

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Si la présidente de l'APP affirme que "ces rapports nouveaux obligent [les journalistes] à une saine remise en question, afin que la distance ne devienne pas source de malentendu", elle réaffirme que c'est aux journalistes "de poser les questions qui s'imposent". 


Là intervient l'essentiel des critiques. Alors qu'Emmanuel Macron a pu pointer du doigt le "copinage" et le manque de déontologie de certains éditorialistes, Elizabeth Pineau lui répond que "là où l'on ne peut voir que l'exercice narcissique de quelques éditorialistes, on peut aussi considérer le travail de 35.000 journalistes rendant compte de la réalité d'un pays qui souffre, doute, invente, s'enthousiasme".

Autre critique, plus "prosaïque" (de l'aveu même de la journaliste) : le timing d'Emmanuel Macron. "Vous entendez être le 'maître des horloges'", rappelle-t-elle, avant de poursuivre : "Au risque d'être bassement prosaïque, j'ajouterais que nos horloges à nous, ce sont des directs à assurer, des dépêches à écrire, des rotatives à faire tourner."


"Il convient donc que les journalistes soient transportés dans de bonnes conditions, arrivent à temps pour écouter vos discours, assitent à toutes vos actions publiques", conclue Elizabeth Pineau, dont la prétention, dit-elle n'est pas de "dicter l'organisation de [la] communication" du Président, mais d'exercer "le droit d'informer [...] sous l'oeil critique d'une opinion au moins aussi sévère avec les journalistes qu'avec leurs responsables politiques".

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