"La fête foraine ne met personne en danger" : le maire de Châlon-sur-Saône défie l'État

"La fête foraine ne met personne en danger" : le maire de Châlon-sur-Saône défie l'État

OPPOSITION - Malgré les restrictions sanitaires en vigueur en France, le maire de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, a décidé d'autoriser la traditionnelle fête foraine dans sa ville, estimant que les conditions sanitaires étaient "réunies".

Comme un vent de révolte en Saône-et-Loire. Alors qu’un couvre-feu à 18h et des mesures strictes sont en vigueur dans l’ensemble du pays, le maire de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, en a décidé autrement. Lundi, l’élu et chef de file LR aux régionales en Bourgogne-Franche-Comté a autorisé la tenue de la traditionnelle fête foraine dans sa ville, défiant une interdiction préfectorale.

"La Ville de Chalon a estimé que les conditions sanitaires sont désormais réunies et c'est pourquoi, ce lundi matin, Gilles Platret a signé un arrêté autorisant la fête foraine du 5 au 14 mars", indique la mairie dans un communiqué. Gilles Platret avait déjà menacé au début du mois de février de "ne pas en rester là" quand la préfecture avait interdit la fête foraine "sans aucune concertation", selon l'élu : "Je ne sais pas quand ce naufrage de l'Etat va prendre fin. Mais c'est une situation intolérable."

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On est dans une accalmie épidémique, on peut en profiter sans mettre personne en danger- Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône

Selon lui, l'arrêté signé lundi est fondé "sur deux nécessités complémentaires", à savoir "celle de lutter contre la crise épidémique par des mesures appropriées que les forains sont tout à fait disposés à prendre", mais aussi "la nécessité de lutter contre la crise psychologique lourde qui est la conséquence tout à la fois de la crise épidémique et des mesures de restriction des libertés qui l'ont accompagnée".

Toujours selon Gilles Platret, "l'état du droit et de la jurisprudence, avec la volonté gouvernementale de territorialiser les mesures en vigueur, ouvre à nos yeux la possibilité de permettre cette fête foraine". "Dans ce territoire-là, on est dans une accalmie épidémique, on peut en profiter sans mettre personne en danger. C’est pour ça qu’on y va. Parce que si le terrain, nous les maires, les habitants, les forains, les professionnels, on ne dit pas un moment donné à l’Etat : 'Attention à ce que vous faites depuis Paris', alors on n’y arrivera jamais", a-t-il ajouté au micro de TF1.

C’est un très grand bonheur, c’est exceptionnel pour nous- Un forain de Chalon-sur-Saône

Cette décision controversée fait néanmoins le bonheur des forains, à l'arrêt depuis le 16 octobre dernier et se retrouvant sans revenu. "Cela fait du bien moralement, cela nous donne un but car on n’a pas l’habitude de rester sans travailler", indique l'un d'entre eux au micro de TF1, avant qu'un autre forain n'ajoute : "C’est un très grand bonheur, c’est exceptionnel pour nous. On attend ça depuis des mois, ça nous donne du baume au cœur."

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"Nous n’avons aucune visibilité pour le redémarrage de nos activités. Nous demandons le droit d’exister. Nous avons des problèmes, pour un grand nombre d’entre nous, pour toucher des aides, on survit", fustige René Hayoun, président de l'Union intersyndicale des entreprises foraines de France. La décision fait également plaisir aux habitants, pour qui c’est une tradition : "On retrouve un peu de sourire avec la fête foraine."

Un élu coutumier du fait

L’ouverture, prévue pour vendredi, reste incertaine, le tribunal administratif, saisi par le préfet de Saône-et-Loire, devrait trancher dans les prochains jours. Le maire de Chalon-sur-Saône n’en est pas à son coup d’essai. En octobre dernier, il avait autorisé l'ouverture des commerces non-alimentaires dans sa ville, bravant ainsi leur fermeture décrétée au niveau national, avant de voir son arrêté retoqué par la justice.

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