Bains de foule et confrontation directe, l'outil de com' privilégié d'Emmanuel Macron

Politique
FRONTAL - Depuis la campagne présidentielle, Emmanuel Macron n'a jamais dérogé à sa pratique de la confrontation directe avec ses interlocuteurs. Clarification, affirmation d'autorité, la séquence avec le collégien, lors des commémorations de lundi, n'en est qu'une énième démonstration.

"Moi, je vais toujours au contact. Je vous regarde dans les yeux. Je vous dis les choses." C'est lors d'un long échange, particulièrement tendu, avec des cheminots à Saint-Dié-des-Vosges, le 18 avril dernier, qu'Emmanuel Macron a lâché ces mots qui résument bien sa façon de communiquer avec les Français durant ses déplacements officiels. 


Un outil de communication directe dont il a usé maintes fois depuis son passage au ministère de l'Economie, sous le gouvernement de François Hollande, et dont la mise au point sévère avec un collégien, lundi, n'est qu'un énième épisode. Pour se départir de l'image d'un dirigeant enfermé dans sa tour d'ivoire, coupé de la population, Emmanuel Macron applique avec constance cette méthode, soit pour parler "cash", provoquer, "casser les codes" ou expliquer une réforme, soit pour réaffirmer son autorité. 

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Macron, adepte du parler "cash"

Les syndicalistes, première cible

Emmanuel Macron privilégie tout particulièrement cet outil dans le cadre des conflits sociaux. L'une des séquences les plus marquantes reste cet échange, qui remonte à mai 2016, où il expliquait à un syndicaliste que "la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler". 


De fait, Emmanuel Macron a multiplié, avant et après son élection, les relations directes avec des représentants syndicaux, donnant ainsi l'impression d'escamoter les intermédiaires classiques du dialogue social pour aller à la confrontation et à l'échange. Durant la campagne présidentielle, le candidat d'En Marche avait également débarqué, quelques minutes après la candidate FN Marine Le Pen, en plein mouvement social dans l'usine Whirlpool d'Amiens, un territoire marqué par la domination du vote frontiste. Accueilli par des huées, il avait tant bien que mal réussi à engager ce type de dialogue avec les salariés. Un pari risqué, mais alors réussi, devant une nuée de caméras.

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Echange d'Emmanuel Macron avec les salariés de Whirlpool

En octobre dernier, c'est en se rendant sur le site de l'équipementier GM&S (Corrèze) qu'Emmanuel Macron avec déclaré que les manifestants, "plutôt que de foutre le bordel", devraient aller voir si des postes n'étaient pas à pourvoir dans le secteur. Cette fois cependant, les manifestants avaient été accueillis par des jets de gaz lacrymogène et le chef de l'Etat n'était pas allé à leur rencontre. 

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Macron à propos de GM&S : "Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel..."

Plus récemment, en avril dernier, le chef de l'Etat avait passé de longues minutes à débattre, dans un climat particulièrement tendu, avec des cheminots qui contestaient les bienfaits de la réforme de la SNCF et qui avaient, à ce titre, de nombreux arguments à faire valoir. "Vous pouvez râler, mais ne bloquez pas tout le pays", leur avait lancé le Président, leur demandant de ne pas être "insultant".


Une séquence qui n'était pas destinée, bien sûr, à convaincre des cheminots très majoritairement opposés à la réforme, mais à montrer, une fois encore, aux Français qu'il restait au contact direct de la population pour justifier son action, même un an après son élection. Toutes les séquences de confrontation "spontanée" avec des interlocuteurs ont d'ailleurs fait l'objet, par la suite, d'une explication de texte, notamment via les réseaux sociaux. L'épisode de lundi, avec le collégien rappelé à l'ordre, ne déroge pas à la règle. Une façon, pour le pouvoir, de transformer chaque déplacement présidentiel en arme de communication délivrant un message spécifique. 

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