VIDÉO - Le show d'Isabelle et la lettre de Patrick : les adieux du couple Balkany à Levallois

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Politique

CLAP DE FIN - Au lendemain de la libération de son époux, en raison de son état de santé, Isabelle Balkany a présidé jeudi 13 février leur dernier conseil municipal à Levallois-Perret avant les élections de mi-mars. Patrick Balkany a tenu, dans une lettre lue par sa femme, à adresser quelques mots à ses administrés.

Les Balkany ont dit "au revoir" à Levallois. Jeudi 13 février, lors du dernier conseil municipal avant les élections de mars, en l'absence de "Patrick" sorti de prison mercredi après cinq mois de détention pour fraude fiscale et blanchiment et dans l'attente de la décision de la Cour d'appel sur chacun des volets, les 4 mars et 22 avril prochains, l'hôtel de ville était plein à craquer. Isabelle Balkany, maire par intérim depuis l'incarcération de son mari, avait prévenu la veille qu'elle présiderait elle-même le conseil. "Patrick se reposera", avait-elle tranché, son époux étant apparu amaigri et visiblement fatigué. 

C'est donc sa femme et première adjointe qui a présidé l'ultime conseil municipal de l'ère Balkany. Elle est entrée dans la salle du conseil municipal sous de très longs applaudissements d'habitants, pressés les uns contre les autres sur les gradins rouges. Debout, visages émus, ils ont rendu hommage aux époux Balkany pour leur dernier conseil municipal. Après leur condamnation en première instance pour fraude fiscale et blanchiment aggravé, ils avaient finalement renoncé fin 2019 à se présenter pour un sixième mandat à la mairie, non sans dénoncer la "confiscation du suffrage universel par la justice".

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"Votre présence est formidable", s'est enthousiasmée tout sourire Isabelle Balkany, 72 ans, devant ses administrés au début de la séance. "Merci !" crie quelqu'un dans le public. Le maire par intérim s'assoit, sous les lustres et au milieu des autres adjoints, et continue plus gravement : "Je voudrais vous donner des nouvelles de Patrick", dit-elle. "Nous nous sommes endormis tard, il avait besoin de parler". La salle sourit, boit ses paroles. De nombreux habitants de Levallois filment au téléphone. Elle se lance ensuite dans la lecture d'une lettre que leur a écrite "Patrick", pour leur raconter son "histoire d'amour" avec la ville.

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Pendant un bon quart d'heure, la première adjointe transmet la parole du maire qui dresse son bilan, rappelle ce qu'il a "bâti en quatre décennies" dans cette "petite ville" qu'il avait découverte "en friche, livrée à elle-même". Il se félicite des "nombreux équipements qui ont vu le jour", les crèches, les complexes sportifs, le centre commercial, les espaces verts dont le nombre a été "multiplié par 11", et enfin la "première police municipale de France et la vidéosurveillance" qu'il a été le premier à mettre en place dans le pays. "Levallois c'est toute notre vie, toute notre histoire, notre troisième enfant", écrit-il aussi, en souhaitant à ses successeurs désignés pour l'élection de mars de "continuer à écrire la belle histoire". "Je vous aime, je vous aimerai toujours", conclut le futur ancien édile. "Waaah", s'extasient plusieurs personnes dans les tribunes, avant de nouveaux applaudissements nourris. À la fin de de la séance, où elle ne s'est pas privée comme à son habitude de s'écharper avec l'opposition, Isabelle Balkany conclut : "Je n'ai pas vraiment été maire pendant longtemps mais ça m'a bien plu". 

Le public quitte la salle, conquis et ému, à l'image de Lydia Hautin, 65 ans, venue dire "au revoir" au couple Balkany qu'elle "adore". "Surtout Patrick", précise-t-elle. "Sa franchise, sa gouaille, sa gentillesse... Il va nous manquer". "C'est la fin d'une époque", soupire René, 82 ans, "même si ça aurait dû se terminer autrement". Nicolas "aurait aimé", lui, que Patrick Balkany soit là, "même si ça aurait été mal perçu". Nine, 52 ans, ne veut pas entendre parler de ses "affaires". "On s'en fiche, ça ne nous regarde pas", balaie cette habitante de Levallois. Si l'heure de sa retraite politique est arrivée, elle est convaincue que "Patrick" sera de retour ici, "quand il ira mieux". "Il reviendra nous voir, parce que Levallois, c'est son bébé", assure-t-elle.

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