VIDÉO - Les députés François Ruffin et Richard Ramos veulent "faire payer" le groupe agroalimentaire Bigard

Politique

AVERTISSEMENT - Les deux députés François Ruffin et Richard Ramos ont annoncé, dans une vidéo postée sur YouTube, qu'ils adressaient au groupe Bigard une lettre l'enjoignant à publier les compte du groupe agroalimentaire, accusé de faire ses marges sur le dos des agriculteurs. Lors d'une audition parlementaire, le représentant de Bigard avait agacé les députés par son mutisme.

L'audition de Maxence Bigard, mi-septembre, leur est restée en travers de la gorge. Les députés François Ruffin (LFI) et Richard Ramos (Modem) s'étaient illustrés dans l'échange tendu avec le représentant du groupe agroalimentaire Bigard, leader européen de la viande bovine, lors d'une séance en commission des affaires économiques. 

Le représentant, fils du fondateur du groupe, avait opposé son mutisme aux questions des députés sur les comptes du groupe, non divulgués, et sur un rapport relatif aux conditions de travail accablantes d'une usine du groupe. Bigard, propriétaire notamment de la marque Charal, est régulièrement dans le viseur de filière agricole, accusé d'étrangler financièrement ses fournisseurs. "On est dans Le Parrain ou dans une commission ?", lui avait lancé le député "insoumis", très agacé à l'instar d'autres élus présents. 

Mise en demeure

Du coup, les deux députés ont posté jeudi, sur la chaîne YouTube de François Ruffin, une vidéo tournée depuis le bureau de poste de l'Assemblée nationale. Les élus expliquent avoir cosigné avec des députés de tous bord, "communistes, LR, socialistes et LREM", une lettre adressée au groupe Bigard. 

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"Nous disons à Monsieur Bigard : vous devez publiez vos comptes", indique le centriste Richard Ramos, qui y voit "un bras de fer entre la représentation politique et l'industriel". "On va dire dans cette nouvelle Assemblée que le politique est plus fort que l'industriel."

Si le groupe Bigard ne dépose pas ses comptes annuels, comme l'y oblige la loi, les parlementaires préviennent qu'ils en réfèreront à l'Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires, et qu'ils obligeront l'industriel à payer une astreinte de 2% du chiffre d'affaires journalier (prévue par la loi Sapin II relative à la transparence). 

"On vous fera payer, et si on n'y arrive pas, c'est que l'ensemble de la représentation nationale est moins forte qu'une seule entreprise française", conclut l'élu Modem. Petit trait d'humour de François Ruffin en conclusion : "Franchement, s'il répond pas, et qu'il paye ses 2%, ça serait mieux, ça ferait des millions par an..."

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