VIDÉO - "Les forts contre les faibles" : une ex-plume d’Emmanuel Macron tacle le président dans un livre choc

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Politique

TEMOIGNAGE - Dans "Confusions", un livre qui vient de paraître, Marie Tanguy raconte son expérience au sein des équipes de campagne d’Emmanuel Macron, en 2017. Une déception à la hauteur de ses attentes.

Elle a écrit pendant deux mois et demi, en 2017, pour le candidat Emmanuel Macron. Une expérience amère, qu’elle raconte dans Confusions (Jean-Claude Lattès), un livre dont le titre raconte déjà beaucoup du contenu. Originaire d’un petit village du Lot, ancien élève à Science-Po Paris, brièvement encartée au PS, Marie Tanguy débarque dans la campagne de l’ancien ministre de l’Economie à l'âge de 30 ans après une première expérience de plume au sein de la CFDT.  

 "Je pensais que Macron s’inscrivait dans les pas de la deuxième gauche", explique-t-elle dans un entretien accordé à l’AFP. "Je pensais vraiment qu’il était un héritier de Rocard, de cette gauche qui est vraiment très forte sur ses valeurs : de justice sociale, d’égalité. Mais en même temps d’une gauche qui regarde aussi la réalité en face et qui avance avec pragmatisme. Moi, je voulais croire ça. Et d’autres dans mon entourage, avaient bien vu la supercherie. Et m’ont mis en garde. Et voilà, avec naïveté et sans doute excès de confiance à l’époque, je suis allée quand même.

Les faibles, c’est un mot qu’employait le candidat. D’ailleurs ça me rendait dingue (…) J’avais l’impression vraiment d’une vision hiérarchique de la société mais presque naturelle en fait. Presque de naissance- Marie Tanguy

Rapidement, Marie Tanguy va tomber de haut. Dans l’organisation du travail, elle dénonce "une vision très verticale, très élitiste. Ceux qui décident c’est un petit groupe de personnes, qui se ressemblent, et qui surtout donnent l’impression qu’en fait, la vérité, elle est très univoque finalement. On pense tous la même chose, on n’a pas besoin de chercher à l’extérieur d’autres sons de cloches (…) Je pense que c’est une des premières choses qui me frappe et qui me déçoit parce que la promesse d’émancipation de faire la politique autrement elle ne peut pas être tenue dans ces conditions-là." 

Mais c’est sur le fond que sa déception est la plus grande. La jeune femme dénonce en effet une "vision du monde" qui ne correspond pas du tout à ses valeurs. "D’un côté il y a les forts, les capables, les performants qui ont vocation à décider pour les autres. Et de l’autre la masse de ceux qui suivent et qui sont d’ailleurs souvent les faibles", déplore-t-elle. "Les faibles, c’est un mot qu’employait le candidat. D’ailleurs ça me rendait dingue (…) J’avais l’impression vraiment d’une vision hiérarchique de la société mais presque naturelle en fait. Presque de naissance."

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Le témoignage de Marie Tangy fait écho, à sa manière, aux tensions qui secouent La République en marche ces derniers jours. "Je pense qu’on s’est concentré sur les enjeux de très court terme. C’est à dire capter un électorat qui s’appelle les classes moyennes et que du coup voilà on a fait un peu du marketing politique", regrette-t-elle. "Et ça je pense que profondément, ça fragilise en fait ce mouvement naissant et ce candidat. On n’a pas fait ce travail de proposer un projet, de porter une vision, et on n’en est resté à des slogans creux. Le progrès, on n’a jamais vraiment dit ce qu’on entendait par-là."

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