Les "retraites-chapeaux" seront limitées à 30% du salaire du dirigeant, annonce Bruno Le Maire

Politique
REGULATION - Les pensions supplémentaires versées à certains dirigeants et financées par l'entreprise seront limitées à 30% du salaire du patron a déclaré le ministre de l'Economie. Une mesure qui s'inscrit à un moment où les retraites des grands patrons font l'objet de polémiques.

Alors que la retraite du patron d'Airbus est au cœur d'une polémique sur les gros salaires, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a affirmé ce jeudi que les "retraites-chapeaux" versées aux dirigeants d'entreprise seront limitées par la loi à 30% du salaire du dirigeant. Une"retraite-chapeau" est une pension supplémentaire versée à certains dirigeants et financée par l'entreprise. "Je ramènerai à 30% du salaire des dirigeants le montant maximum de la 'retraite-chapeau'", a déclaré Bruno Le Maire au micro de BFMTV et de RMC, en précisant qu'une ordonnance en ce sens allait être introduite dans le projet de loi Pacte. Il a ajouté que ces retraites ne pourront être cumulées avec une clause de non-concurrence. 


"Cette disposition deviendra une disposition législative, sera inscrite dans la loi, puisque visiblement ces gens ne veulent pas comprendre. Ce sera dans les prochaines semaines sur la base d'une ordonnance aussi prévue dans la loi Pacte", a assuré le ministre. "Je n'ai pas attendu le départ de Tom Enders pour m'apercevoir de certains excès. C'est pour ça que nous avions prévu cette ordonnance", a affirmé le ministre. Les conditions de départ du patron d'Airbus, qui touchera jusqu'à 36,8 millions d'euros, suscitent de vives critiques.

"Capitalisme d'un autre temps"

"Aujourd'hui ce qui existe, c'est uniquement un plafonnement à 45% du salaire du dirigeant, mais qui n'est pas contraignant. Ce n'est pas dans la loi, ce n'est pas une obligation légale", a-t-il rappelé. "Visiblement, les bonnes pratiques ne suffisent pas", a regretté le patron de Bercy, qui s'est élevé contre "des excès insupportables" d'un "capitalisme d'un autre temps".


Par ailleurs, Bruno Le Maire prévoit "qu'il sera désormais interdit de cumuler 'retraite-chapeau' et clause de non concurrence", car "à partir du moment où vous partez à la retraite, c'est que vous partez à la retraite et n'allez pas aller travailler chez un concurrent. Donc je ne vois pas comment on peut cumuler une 'retraite-chapeau' et une clause de non-concurrence".

26,3 millions d'euros de retraite

"Là encore, ça sera inscrit dans la loi", a-t-il promis, rappelant que Tom Enders devrait percevoir une retraite de 1,3 million d'euros par an à laquelle viendra s'ajouter une clause de non concurrence de 3,2 millions d'euros. Au total, Tom Enders pourrait toucher 26,3 millions d'euros, somme provisionnée par l'avionneur européen pour ses années de retraite, des actions gratuites de performance évaluées à 7,3 millions d'euros et 3,2 millions pour une indemnité de non-concurrence d'un an, selon une estimation réalisée par le cabinet d'étude Proxinvest. 


Dans un autre temps, en début de semaine le groupe Renault a annoncé que la "retraite-chapeau" que devait toucher Carlos Ghosn ne lui serait pas versée. L'ancien PDG de Renault Carlos Ghosn, actuellement poursuivit au Japon pour malversations et corruption notamment, avait fait valoir ses droits à la retraite en envoyant sa lettre de démission le 24 janvier dernier. Des droits qui devaient lui permettre de toucher une retraite-chapeau de l'ordre de 765 000 euros par an à vie. Le groupe a estimé que les conditions de départ de Carlos Ghosn ne permettent pas à ce dernier de bénéficier d'une rente. 

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