Loi "anti-casseurs" : 50 abstentions chez LREM, le début d'une fronde ?

Politique
ASSEMBLEE NATIONALE - Les députés ont adopté mardi la proposition de loi "prévention et sanction des violences lors des manifestations", accusée par l'opposition de gauche de porter atteinte au droit de manifester. Malgré une large majorité lors du vote, 50 députés LaREM se sont abstenus, une première depuis le début du quinquennat.

Une majorité beaucoup moins unie qu'à l'accoutumée. Si la proposition de loi "anticasseurs" a été adoptée à une très large majorité mardi à l'Assemblée nationale, par 392 voix contre 92, ce texte jugé "liberticide" par l'opposition de gauche a fait l'objet de pas moins de 74 abstentions, dont 50 au sein du groupe LREM, et quatre chez l'allié Modem, qui compte même un vote contre, celui député de Moselle Brahim Hammouche. En outre, 16 députés LREM n'ont pas pris part au vote. 


Parmi les abstentionnistes de la majorité figurent notamment le vice-président de l'Assemblée nationale Hugues Renson, la présidente de commission Barbara Pompili, Aurélien Taché, Matthieu Orphelin - un proche de l'ex-ministre Nicolas Hulot - ou encore Sonia Krimi, qui avait même envisagé de voter contre. Un choix notamment motivé par une disposition de la proposition de loi contenue dans l'article 2 et émanant de la droite sénatoriale, visant à permettre aux préfets de prononcer des interdictions préventives de manifester. 

Sans précédent

Si aucun député LREM n'a voté contre le texte, l'abstention de 50 d'entre eux est inédite depuis le début de ce quinquennat. Jusqu'ici, seul le projet de loi Asile et immigration avait suscité un semblant de remous en interne, avec 197 voix favorables en avril 2018, 14 abstentions et un vote contre, celui de Jean-Michel Clément, qui a quitté LREM dans la foulée. 


Le texte de loi sur les "fake news", voté en novembre, avait fait l'objet de trois abstentions, de même que celui relatif au "nouveau pacte ferroviaire" - qui portait la réforme de la SNCF. 

"Pas de malaise"

"Le texte a été voté, il n'y a pas de malaise", assurant mardi soir le président du groupe LaREM Gilles Le Gendre. A l'instar de plusieurs députés du groupe majoritaire, le patron d'En Marche Stanislas Guérini récusait également l'idée d'une fronde, affirmant que les députés avaient trouvé "les bons équilibres dans un groupe qui débat". "Quand je vois le score d'adoption de la loi, il n'y a aucune ambiguïté", assurait également, sur LCI, le député Florian Bachelier. "Si sur chaque texte on avait cette majorité, ce serait formidable... Cela montre qu'il y a des discussions dans le groupes."


L'évolution n'a pas échappé à l'opposition. Lors des débats, Alexis Corbière (LFI) a "félicité" les députés LaREM s'opposant au texte. "C'est un signal important", a pour sa part jugé le patron du PS Olivier Faure. "Cinquante parlementaires refusent d'associer leur nom à une loi qui va priver d'une liberté fondamentale, celle de manifester." 


Les abstentionnistes n'ont toutefois pas dit leur dernier mot. A l'instar de Matthieu Orphelin, ils espèrent pouvoir infléchir la proposition de loi - et tout particulièrement son article 2 polémique - lors du passage du texte en deuxième lecture. 

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