VIDÉO - Macron fait l'éloge du "sens de l'effort", l'opposition dénonce la "boulette du roi"

Politique
MACRON - Dans un éloge de l'apprentissage face à des boulangers vendredi 11 janvier à l'Elysée, le président de la République a fait du "sens de l'effort" des Français une condition au redressement du pays, déplorant que "certains d'entre nous" ne fassent pas le lien entre "droits" et "devoirs".

A la veille d'une nouvelle mobilisation des Gilets jaunes, Emmanuel Macron a-t-il jeté de l'huile sur le feu ? Recevant des boulangers à l'Elysée, autour de la traditionnelle galette des rois, le Président s'est exprimé sur la crise que connaît le pays depuis près de deux mois. Et a fait un lien entre sens de "l'effort", le lien "oublié" par les Français entre leurs "droits" et leurs "devoirs" et la révolte observée chez les Gilets jaunes, sans citer le mouvement de contestation.


"Les troubles que notre société traverse, a-t-il dit, sont aussi parfois dus et liés au fait que beaucoup de nos concitoyens pensent qu'on peut obtenir sans que cet effort soit apporté." Et de développer cette phrase alambiquée : "Parfois, on a trop souvent oublié qu'à côté des droits de chacun dans la République - et notre République n'a rien à envier à beaucoup d'autres pays, je peux vous le dire à cet égard -, il y a des devoirs." 

"Et s'il n'y a pas cet engagement, ce sens de l'effort, le fait que chaque citoyen apporte sa pierre à l'édifice par son travail, par son engagement au travail, notre pays ne pourra jamais pleinement recouvrer sa force, sa cohésion, ce qui fait son histoire et je le crois encore, ce qui fait son présent et son avenir", a encore déclaré le chef de l'Etat.

Ecole, santé : "On n'est pas le dernier des pays là-dessus, hein"

Quelques instants après ce discours,  lors de la collation prévue, le Président reprendra en partie ses propos en évoquant sa vision du lien social. "Ce n'est pas seulement le droit que chacun a sur la société. C'est des droits et des devoirs. On ne peut pas répondre à la crise qu'on est en train de vivre en disant : 'Donnez-moi mes droits'." Et de relativiser la crise française au regard de la situation dans d'autres pays. "Enfin, on n'est pas le dernier des pays [...]. Si on se regarde avec les voisins : l'école, la santé..."


Le Président finira par un éloge du travail manuel, en évoquant le sort de ses invités : "Quand on est boulanger, qu'on regarde la situation autour de soi, qu'on se lève si tôt le matin, que notre situation est si dure, on se dit : 'Bah le monde ne tourne plus rond' [...] Il faut des perspectives et c'est pas que dans des métiers académiques déterritorialisés, c'est aussi des métiers de la main, dans un sens de la transmission par l'éducation."


Dans la foulée de cette prise de parole, un tweet mentionnant simplement un hashtag #sensdeleffort a été publié sur le compte officiel de l'Elysée, suscitant l'incompréhension de certains. Une suppression que la présidence justifie en expliquant la personne qui a tapé le message s'est trompée entre la barre de recherche et celle de publication.

L'opposition parle d'une provocation

Quoi qu'il en soit, l'opposition a en tout cas accusé le chef de l'État de provocation après cette sortie, à la veille du neuvième samedi de manifestations des Gilets jaunes. Sur LCI, le député LFI Hugo Bernalicis a dénoncé une "provocation qui risque de mettre de l'huile sur le feu." "Il y a la galette des rois, là c'est la boulette du roi", a estimé le député Insoumis Alexis Corbière, en estimant qu'Emmanuel Macron "sous-entend que les gens qui sont dans la rue, qui soutiennent les Gilets jaunes, ne font pas assez d'efforts". 

"Macron récidive dans l'insulte contre son peuple ! Pas le sens de l'effort, ces infirmières qui triment ? Ces chômeurs qui galèrent ? Ces mères de famille seules ? Ayons le sens de l'effort demain : ActeIX !", a exhorté sur Twitter le patron des Patriotes Florian Philippot.

Laurent Wauquiez, patron du parti Les Républicains, suggère, lui, au président de la République "d'avoir le sens ds responsabilités et ne pas provoquer davantage de tensions".

"Défendre l'effort oui, défendre les forts non! #Présidentdesriches #méprisantdelaRépublique", a tweeté pour sa part le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel.

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