Manuel Valls pointe du doigt un "problème de l’islam, des musulmans" en France

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PROPOS – L’ancien Premier ministre était l'invité d’un débat sur l'identité organisé en Espagne, son pays natal. Echange au cours duquel n'a pas hésité à pointer du doigtun "problème de l’islam et des musulmans" dans la société française.

Une polémique en vue ? Aussi à l’aise dans sa langue natale, l’espagnol, qu’avec le français, Manuel Valls n’a sans doute pas pour autant mesuré le poids de ses mots. Lors d’une conférence organisée autour de l’identité, l'ancien Premier ministre a considère qu’en France, il y avait un "problème" avec "l'islam" et "les musulmans". "Tous les pays souffrent d'une crise d'identité, d'identité culturelle. Parce qu'il y a la mondialisation, il y a la crise politique, il y a les réseaux sociaux, il y a le problème des réfugiés. Surgissent dans nos sociétés, par exemple dans la société française, le problème de l'islam, des musulmans. Tout cela nous interroge sur ce que nous sommes", a-t-il déclaré à nos confrères d’El Pais.


S’il pose le problème, pour autant, Manuel Valls fustige la réponse "nationaliste", "populiste" qui consiste à accuser "toujours quelqu'un", "accuser Madrid, accuser le capitalisme, accuser Bruxelles, accuser Washington ou accuser les autres, les étrangers et les musulmans", disant donc une chose et son contraire à quelques instants d'intervalle. Attaqué de toute part pour la première partie de sa sortie, l'ancien Premier ministre n'a d'ailleurs pas manqué de rappeler la suite de son propos, jugeant "outrancières" les accusations dont il fait l'objet.

"L’islam n’est pas le problème" (octobre 2016)

Pour la première fois, l'homme politique évoque un "problème musulman", lui qui a "fait de la laïcité le combat de sa vie". Pourtant, c'est le même Manuel Valls qui en octobre 2016, pour répondre à François Hollande évoquant un problème avec la religion, tenait les propos suivants : "L'islam certes rencontre et pose des défis considérables à nos sociétés mais il n'est pas le problème (...) l'islam de France, comme toutes les religions, a toute sa place en France..." 


Et c'est le même Manuel Valls qui, lors de son échange musclé par médias interposés avec le fondateur de Mediapart Edwy Plenel, l'avait accusé de faire l'amalgame "entre l'islamisme, l'idéologie du terrorisme, et l'islam et les musulmans".

"C'est anti-républicain"

Cette sortie de l'ancien Premier ministre a fait réagir la classe politique française. Le dernier en date n'est autre que l'ancien porte-parole du gouvernement Valls, Stéphane Le Foll. "Ce qu'a dit Manuel Valls concernant "un problème musulman en France" c'est tout ce qu'il ne faut pas faire, c'est anti-républicain! (...) Il ne faut surtout pas faire cet amalgame de penser qu'il y a un problème avec les l'ensemble des musulmans", a-t-il déclaré ce mercredi sur le plateau de Télé matin, sur France 2.


Plus tard dans la matinée, on a même trouvé des gens choqués... au Front national, pourtant pas avare de polémique sur le sujet. Le conseiller régional et avocat de Marine Le Pen Walleyrand de Saint-Just a repris de volée l'ancien Premier ministre sur Twitter, lui disant qu'il n'y avait pas "un problème des musulmans" mais "les problèmes que pose l'Islam à la société française".

Un choc des pensées qui n'est pas sans rappeler, comme l'a fait Le Lab, les propos de Marine Le Pen qui, parlant de l'élu d'Evry, avait "l'impression de se lire" quand elle l'entendait parler d'islam.

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