VIDÉO - Migrants : Sonia Krimi (LREM) interpelle Gérard Collomb (avant de mettre de l'eau dans son vin)

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COUP DE GUEULE - Ce mardi dans l'hémicycle, la députée LREM Sonia Krimi a interpellé de façon virulente le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb sur l’accueil des migrants... avant de minimiser sa position à la sortie de l'hémicycle.

"Tous les étrangers de France ne sont pas des terroristes. Tous les étrangers de France ne sont pas d’indélicats fraudeurs aux aides sociales. Dire le contraire c’est jouer avec les peurs." C’est ainsi que la députée LREM Sonia Krimi a débuté sa question musclée adressée au ministre de l’Intérieur Gérard Collomb lors des "Questions au gouvernement" ce mardi. Un ton rare de la part d'un député LREM envers un membre du gouvernement, et qui a d'ailleurs déclenché les applaudissements de l'opposition de gauche au gouvernement, députés insoumis en tête.

"Très tôt, le président de la République a fixé notre philosophie sur l’accueil des étrangers : plus d’humanité et de dignité, des réponses plus rapides et respectueuses. C’est pourquoi vous préparez depuis des mois un projet de loi sur le droit d’asile et l’immigration maîtrisée" a-t-elle poursuivi. Une loi qui fait polémique, notamment du côté des associations. L’Etat a fait part de sa volonté de recenser les migrants dans les centres d’hébergement. Le ministre de l’Intérieur souhaite envoyer des "équipes mobiles" dans les centres pour en recenser les occupants, et les orienter vers des structures différentes selon qu’ils seraient réfugiés, demandeurs d’asile ou déboutés. Selon lui, le but est de rendre de la fluidité à ces centres saturés en essayant de comprendre qui y était logé. Or les associations s’inquiètent que "sous couvert d’offrir une mise à l’abri" ou une "orientation" adaptée à leur situation, "ce dispositif détourne l’hébergement d’urgence et les lieux d’accueil gérés par les associations de leur finalité" et "les utilisent pour mettre en œuvre la politique de gestion des flux migratoires".

Des conditions d'accueil déplorables

Sonia Krimi a ensuite déploré et pointé du doigt les conditions d'accueil des migrants. "Les demandeurs d’asile sont souvent dans des situations difficiles, les mineurs isolés trop souvent abandonnés, les moyens de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) et l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) pourraient être améliorés. Les centres de rétention deviennent des centres de détention et sont indignes de notre République. (...) Pourriez-vous monsieur le ministre nous détailler l’équilibre politique de votre réforme, une réforme sans posture et sans préjugés, une réforme juste et humaine à laquelle nous étions tous engagés ?" a-t-elle ajouté, apostrophant directement l'ancien maire de Lyon.


Ce dernier, piqué au vif, a répondu qu'"entre 2013 et 2017 nous sommes passés de 63.000 demandes d’asile à 97.000. En l’espace de 3 ans, nous sommes passés de 5000 mineurs isolés à 14.000. Pourquoi cela ? Car aujourd'hui des réseaux de passeurs à travers l’Afrique, la France, mènent des gens vers le désespoir. Que voulons-nous faire avec le présidnet ? Une politique équilibrée."

Sonia Krimi regrette-t-elle ses propos ?

Interrogée par des journalistes à sa sortie de l'hémicycle, la députée s'est montrée moins virulente. "Vous n'allez pas me faire dire ça. [...] Je ne suis pas particulièrement inquiète, je souhaitais juste préciser... Depuis la campagne d'Emmanuel Macron, on était très clair sur le sujet. Alors j'exprime aujourd'hui une voix de majorité", a-t-elle dit au micro de nos confrères du Huffington Post. Sonia Krimi s'est donc vite de nouveau rangée du côté de la majorité, après avoir laissé entendre qu'elle n'était pas d'accord avec la politique migratoire du gouvernement.

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