"Plop", Flanby et Royal Baby : VGE, une cible de choix pour les humoristes

"Plop", Flanby et Royal Baby : VGE, une cible de choix pour les humoristes

TÊTE DE TURC - Son élocution, sa réputation de séducteur, "l’affaire des diamants"… Les humoristes et les imitateurs ont souvent été mordants avec Valéry Giscard d’Estaing, disparu jeudi soir à l’âge de 94 ans.

"Représenter tous les soirs les hommes politiques comme des gens grotesques, est-ce que du point de vue civique c'est un progrès pour la démocratie ?", interrogeait Valéry Giscard d’Estaing en 1994, lors d'un dialogue avec le père du "Bébête Show" Stéphane Collaro sur TF1. S’il critiquait ainsi "la dérision" avec laquelle sont traités les hommes politiques, reprochant aux caricaturistes de les présenter comme exclusivement animés par des "intérêts personnels", c’est qu'il aura été tout au long de sa vie une cible de choix pour les humoristes.

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Valéry Giscard d'Estaing est décédé à l'âge de 94 ans

L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing est mort

On garde évidemment en mémoire le doigt dans la bouche produisant un "plop" de Thierry Le Luron, premier d'une longue liste d'imitateurs à brocarder le phrasé si particulier de Giscard, comme ci-dessous avec Pierre Desproges en 1977 :

Le Luron aura ainsi eu souvent la dent dure envers celui qu'il qualifiait de "Kennedy devenu Louis XVI".  En particulier en 1980, lorsqu'il avait enfoncé le clou de "l'affaire des diamants de Bokassa", ces bijoux que Giscard était accusé d'avoir reçus du président centrafricain : son nouveau spectacle s'ouvrait avec un cinglant "Bonjour mes diams, bonjour messieurs". 

Autre thème souvent exploité par les humoristes, la réputation de séducteur de l'ancien chef de l'Etat. Avant Nicolas Canteloup  l'imitant en futur grand-père du Royal Baby, Giscard ayant laissé entendre dans un livre que Lady Diana n'avait pas été insensible à ses charmes, les Guignols de l'Info avaient ainsi imaginé une adaptation pornographique de son roman Le Passage, publié en 1994. Les Guignols qui le dépeindront aussi longtemps en vieillard dur de la feuille et sénile, malmené par un Jacques Chirac lui hurlant à l'oreille "Le monsieur te demande".

Pas rancunier

Guy Bedos ironisait sur scène, comme le montre la vidéo en tête de cet article, sur "l'hommage" que lui aurait rendu Giscard en disant avoir "été battu entre autres par les forces de la dérision" en 1981 - "Je l'ai pris pour moi", plaisantait l'humoriste. Mais le prédécesseur de Mitterrand n'était pas rancunier envers ceux qui le moquaient. C'est ainsi lui-même qui avait réclamé sur le ton de la plaisanterie, lors d'une interview sur Europe 1 en 1989, d'"être un animal" dans le "Bébête Show", où il était l'un des seuls responsables politiques représentés en humain. Jean Roucas et sa bande accèderont à sa demande en finissant par transformer sa marionnette en "Ouistiti Giscard des Singes" avec un tambour.

Sur Europe 1 toujours, en 1998, Valéry Giscard d'Estaing avait apporté des Flanby à Laurent Gerra pour faire un pied de nez à l'imitateur qui le dépeignait en gâteux mangeant ce dessert dans sa maison de retraite. 

Et il y a six ans, l’ancien président s’était rendu au spectacle de l'humoriste Camille Chamoux intitulé "Née sous Giscard", qu'elle concluait par le célèbre "au revoir" de 1981. "J’ai épié ses réactions pendant le spectacle", avait-elle ensuite raconté à RTL, assurant  avoir été "étonnée de son autodérision".

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