VIDÉO - Municipales : comment mobiliser les électeurs, dans une ville abstentionniste comme Chambéry ?

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Politique

MUNICIPALES - Dans trois jours, 16 millions d'électeurs sont appelés à se rendre aux urnes pour le second tour des élections municipales. 4.800 communes doivent encore élire leur maire. Mais y parviendront-elles, au vu de la forte abstention du 1er tour ?

L'abstention s'invitera-t-elle, une fois de plus, dans ce scrutin du second tour des élections municipales ? Le 28 juin, 16 millions d'électeurs seront appelés à voter pour élire les maires de 4.800 communes. Mais dans un contexte de très forte abstention lors du premier tour, y parviendront-elles ? 

Au premier tour des élections municipales, le taux d'abstention national s'élevait à 56% et à trente-six heures du second tour, la question se pose, alors qu'un sondage Ifop publié lundi, estime que moins de 4 français sur 10, concernés par ce scrutin, envisage d'aller voter. A Chambéry, tout est prêt pour ce scrutin du second tour des élections municipales. Alors avec 6 électeurs sur 10 qui se sont abstenus au premier tour, on tente de convaincre les habitants d'aller voter. 

"Le problème ne vient pas de nous, il vient de ceux qui se présentent"

Comment, dans cette ville tranquille de la Savoie, en est-on arrivé à afficher un tel score d'abstention ? "La peur du coronavirus", nous dit cette cliente du marché. Une peur qui a fait s'effondrer le taux de participation chez les personnes âgées : -45% chez les 58-80 ans, ceux qui votent le plus. Première explication. Mais cela suffit-il à expliquer de tels chiffres d'abstention ? Non, car dans certains quartiers populaires, l'explication est ailleurs : 80 % des jeunes ne votent pas. 

Alors chaque semaine, le centre socio-culturel des Combes, appuyé par un collectif, va à la rencontre des habitants pour tenter de comprendre leurs motivations dans le cas de l'abstention. "On pense qu'il y a une explication à donner aux gens pour les aider à prendre conscience que leur vote a un pouvoir", estime quant à elle, Marielle Thienevez, colistière sur la liste DVG. 

Certains de ces associatifs se heurtent eux aussi à des questions : "Si on ne prend pas en compte notre voix et notre vote, à quoi cela sert-il de voter", demande cette habitante. "Le problème ne vient pas de nous, il vient de ceux qui se présentent", affirme un homme. Thierry Repentin est candidat DVG à la mairie de Chambéry. Bien au fait de ces problématiques d'abstention, il en tire toutefois un constant difficile pour le milieu politique : "Il y a des abstentionnistes qu'on ne verra pas, qu'on ne touchera pas parce qu'ils sont calfeutrés chez eux. J'ai conscience qu'il y a un respect d'une partie de la population que l'on rencontre, qui vient avec le sourire, nous dit qu'elle est intéressée, mais dont on sait qu'elle ne franchira pas le pas du vote pour beaucoup de raisons qui leur sont personnelles", dit-il. 

Un désintérêt et un rejet qui peut être à double tranchant, d'après Guillaume Holsteyn, directeur du centre culturel des Combes : "si je me mets dans la peau de l'élu, je vois que les gens de ce quartier ne votent pas, se désintéressent de ce que fait la municipalité, donc ça ne va pas me donner envie de faire des efforts pour ce quartier", estime-t'il. 

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Une abstention nationale estimée à 62%, pour le second tour

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Selon le sondage Ifop publié en début de semaine, moins de quatre Français concernés sur dix (38%) envisagent d'aller voter le 28 juin au second tour des élections municipales, un taux encore inférieur à celui du premier tour. La participation dans les communes concernées avait été de 41,8% au premier tour, le 15 mars. Au niveau national, toutes communes confondues, elle avait chuté à 44,6%, un taux historiquement bas pour des municipales. L'abstention le 28 juin est estimée inversement à 62%, selon cette enquête pour le site Directs.fr réalisée du 9 au 12 juin, à un peu plus de deux semaines du scrutin.

Près de trois personnes qui déclarent ne pas vouloir voter sur dix (29%) expliquent leur choix "uniquement par les risques d'être affectées par le coronavirus" et 35% à la fois par les risques d'être contaminées et par "d'autres motifs". Pour ceux qui entendent au contraire aller voter, "la gestion des finances et de la dette de la ville" (69%) sera un élément déterminant de leur choix, devant la sécurité des biens et des personnes (66%) et la propreté et l'entretien de la ville (65%).

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