VIDEO - Vallaud-Belkacem tacle Blanquer pour son "impréparation" et sa "communication à outrance"

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Politique

ECOLES - Invitée politique de LCI ce vendredi 22 mai, Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’Éducation nationale, a livré sa critique de la gestion de la crise du Covid-19.

Elle est aujourd'hui la directrice France de ONE, cette organisation non-gouvernementale et non-partisane qui lutte contre l’extrême pauvreté et les maladies évitables, particulièrement en Afrique, fondée par Bono, le chanteur de U2. Mais avant cela, Najat Vallaud-Belkacem, invitée ce vendredi 22 mai de l'Interview politique d'Elizabeth Martichoux sur LCI, a été ministre de l'Education nationale de 2014 à 2017, sous le mandat de François Hollande. A ce titre, elle s'est exprimée sur la gestion de la crise du Covid-19 par son successeur, Jean-Michel Blanquer.

Les enseignants et les parents ne se sentent plus sécurisés.- Najat Vallaud-Belkacem

"Il faut écouter les angoisses des familles", a-t-elle commenté au sujet des nombreuses craintes à l'idée de renvoyer ses enfants à l'école dans un tel contexte sanitaire, qu'elle fait notamment peser sur "un certain nombre d'erreurs de communication [...] commises" (par le gouvernement). "Pendant longtemps, les enseignants ont dû assumer la continuité pédagogique sans soutien particulier de la part du ministère de l'Education nationale. Chacun a fait à sa manière, en se débrouillant, avec des injonctions souvent contradictoires et précipitées du ministre, ensuite démenties par la réalité ou le Premier ministre lui-même. Tout cela a créé un climat qui fait que les enseignants et les parents ne se sentent plus sécurisés".

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Elle développe ainsi son point de vue : "Les instructions ont manqué au moment où les enseignants auraient dû être guidés pour le travail à distance.  Beaucoup d'incertitudes se sont accumulés. Et s'agissant du retour à l'école, un objectif soi-disant social, le volontariat était la pire des façons de l'atteindre. Ceux qui connaissent le sujet savent que, sur cette base, les premiers à revenir sont toujours les moins en difficulté sur le plan scolaire ou social."

Il n'est pas normal qu'à quelques semaines du bac de français, on soit encore dans l'incertitude sur la tenue de l'examen.- Najat Vallaud-Belkacem

L'ancienne ministre tient aussi à rappeler que "chacun voyait l'intérêt de mettre ses enfants à l'école avant cette crise", soulignant en creux que ce n'est plus le cas. Pour elle, ce sont les "erreurs de communication" qui "ont brouillé l'image de l'école en tant qu'endroit sécurisant". Elle parle de "conditions (de reprise) inouïes" et estime que l'école devrait être "ouverte à tous", dans une organisation spécifique faisant actuellement défaut.

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Najat Vallaud-Belkacem considère qu'il faudrait "davantage s'appuyer sur les enseignants" et "accorder plus de moyens pour  contacter et rassurer les familles". Elle insiste enfin sur un point : "Dans ce contexte, il faudrait des indications uniformes qui rassurent tout le monde. Il n'est pas normal qu'à quelques semaines du bac de français, on soit encore dans l'incertitude sur la tenue de l'examen. (...) Ce qui importe, c'est de ne pas communiquer à outrance ou de façon inconsidérée pendant une telle crise. Le ministre s'est laissé gagner par une volonté de communiquer à tout prix, qui l'a emporté sur la préparation des événements. Par exemple, où en est-on de la préparation de la rentrée de septembre ? J'aimerais bien le savoir."

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