VIDÉO - Non-revalorisation des APL : la colère des Petits frères des pauvres

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INCOMPRÉHENSION - Lors d'un débat sur LCI, la déléguée générale des Petits frères des pauvres a dit ressentir ce mardi "choc et colère" à propos de la non-revalorisation des APL. Un député de la majorité lui a répliqué, sans la convaincre, que la mesure était "paramétrique" et ne procédait pas d'"un choix politique".

La mesure, qui était passée inaperçue, fait désormais grand bruit. La non-revalorisation des APL, à partir d'octobre 2018, impliquera un manque à gagner de près de 4,68 euros par mois en moyenne pour les bénéficiaires des aides au logement. Ce mardi, les Petits frères des pauvres ont exprimé, par la voix de leur déléguée générale Armelle de Guibert, leur incompréhension face à cette décision qu'ils n'ont pas vu venir. Bien au contraire. 

Interrogée sur LCI, la représentante de cette  association qui soutient en priorité les personnes âgées isolées et précaires parle ainsi d'un "choc" et d'une "colère", "parce qu'ici, sur ce plateau (ndlr : de LCI, il y a quelques mois), monsieur Saint-Martin (ndlr : député LaREM du Val-de-Marne)  avait évoqué la baisse de 5 euros votée par le gouvernement précédent en prévenant qu'il ne fallait pas s'inquiéter car dans le budget suivant, ce serait revalorisé. Or, il n'en est rien, il y a une nouvelle baisse". 

C'est une baisse de pouvoir d'achat pour ceux qui n'habitent pas un logement socialArmelle de Guibert, déléguée générale des Petits frères des pauvres

Baisse qui, techniquement, n'en est pas une, comme le souligne le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard : "Il ne s'agit pas d'une baisse mais d'une non-augmentation, il ne faut pas mélanger les choses. Les mesures qui ont été votées s'accompagnent d'un gel des loyers dans le secteur du logement public social, c'est aussi important à rappeler" - deux millions et demi d'allocataires  des APL (sur six millions et demi) habitent dans des logements sociaux. 

En vidéo

Jacques Mézard sur les APL

Mais l'argument ne suffit pas à convaincre l'association reconnue d'utilité publique "car toutes les personnes âgées (ndlr : ayant des petits revenus) ne sont pas logées dans un logement social, les jeunes non plus. Et donc, de fait, c'est une baisse de pouvoir d'achat : comme le disait une personne accompagnée par les Petits frères des pauvres, 5 euros par mois, c'est une paire de chaussures dans l'année. Ce n'est pas négligeable", martèle Armelle de Guibert. 

Il ne s'agit pas d'une baisse mais d'une mesure paramétriqueAurélien Taché, député LaREM du Val-d'Oise

Quoi qu'il en soit, la majorité présidentielle se défend d'avoir pris cette mesure en douce. "Rien n'a été fait en catimini : la mesure a été votée dans le projet de loi de finances 2018, le fait qu'on n'indexe plus les APL sur l'indice de référence des loyers est clairement dans le texte", a répondu à Armelle de Guibert le député LaREM Aurélien Taché sur LCI. Tout en reconnaissant regretter la baisse de  5 euros de l'an dernier parce qu'elle était "mécanique et s’appliquait à tous", il insiste sur le fait que "là, il ne s'agit pas d'une baisse mais d'une mesure purement paramétrique". 


Ultime argument du député : "On n'est pas sur un choix politique, on est sur une non-indexation, c'est quelque chose qui est de l'ordre d'une mesure de gestion". Une logique qui échappe manifestement à la représentante de l'association, qui a conclu l'échange en exprimant son incompréhension : "J'ai du mal à entendre que le fait d'indexer ou de ne pas indexer une aide sur un taux n'est pas un choix politique". 

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