Nucléaire : Greenpeace revendique une intrusion sur un site de La Hague

Politique

ACTION - Le site de retraitement nucléaire de La Hague (Manche) a subi "l'intrusion" de deux drones, dont l'un qui est parvenu à déposer un fumigène, sur le toit d'un des bâtiments. Une action revendiquée par l'ONG écologiste Greenpeace.

Vers 10h30 ce vendredi, une épaisse fumée orange s'est élevée du toit d'une des piscines de stockage de combustible nucléaire usagé du site de retraitement de La Hague, dans la Manche. Pas d'incendie et encore moins d'explosion, mais un fumigène déposé par Greenpeace. "Ce matin le site de La Hague a détecté l'intrusion de deux drones, dont l'un a déposé un fumigène sur le toit d'une des piscines", a indiqué à l'AFP un porte-parole du groupe Orano (ex-Areva), tandis que l'ONG écologiste Greenpeace France revendiquait l'action sur les réseaux sociaux.

Il n'y a "pas eu d'impact sur la sûreté des installations", a indiqué le porte-parole d'Orano, qui précise avoir "prévenu les autorités" et a fait part de son intention de "déposer plainte pour intrusion". L'entreprise, issue de la restructuration de l'ex-groupe Areva, est spécialisée dans le cycle du combustible nucléaire, et présente l'usine de la Hague comme le leader mondial dans le domaine du recyclage des combustibles usés provenant des réacteurs nucléaires du monde entier. 

Ce qui est particulièrement choquant, c'est que ce drone ait pu allumer des fumigènes de détresse sur le toit de la piscine, c'est-à-dire le point faible d'un bâtiment contenant la plus grande quantité de matières radioactives dans le monde- Greenpeace

"Tout va très bien à l'usine Orano la Hague. Sauf que le bâtiment qui rassemble l'équivalent de plus de 100 cœurs de réacteurs nucléaires n'est protégé que par un toit de tôle métallique, vulnérable et facilement accessible", a affirmé dans la foulée Greenpeace, qui alerte régulièrement sur le "risque nucléaire" et la sûreté des installations françaises.

"Greenpeace a démontré, une fois de plus, que les installations nucléaires françaises ne sont pas suffisamment protégées contre les risques d'agression externe. Mais ce qui est particulièrement choquant, c'est que ce drone ait pu allumer des fumigènes de détresse sur le toit de la piscine, c'est-à-dire le point faible d'un bâtiment contenant la plus grande quantité de matières radioactives dans le monde", a affirmé une responsable de Greenpeace dans un communiqué, qui précise que "la piscine de l'usine d'Orano La Hague contient environ 10 000 tonnes de combustibles irradiés en attente d'être retraités ou d'une solution définitive" et qu'"EDF continue d’envoyer à La Hague plus de combustible usé qu'Orano n’est capable d’en retraiter".

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