VIDÉO – Pascal Perrineau : "La force de Macron, c’est la faiblesse de ses adversaires"

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RÉACTION - Le politologue Pascal Perrineau était invité ce vendredi de l’interview politique d’Elizabeth Martichoux dans la matinale de LCI. Il est revenu sur Emmanuel Macron et la fonction présidentielle, ainsi que sur la mobilisation du 5 décembre.

Pascal Perrineau était l'invité politique d'Elizabeth Martichoux ce vendredi 22 novembre. Le politologue est revenu sur les convulsions bousculant la société française actuelle, notamment cette sortie d'Emmanuel Macron face aux étudiants de l’université de Picardie Jules-Verne à Amiens jeudi 21 novembre - le chef d'Etat estimant que les Français étaient "en ce moment trop négatifs", appelant à "prendre du recul" et à "affronter les difficultés". 

Pour le politologue, "cette France qui va mal peut concevoir une certaine hargne à entendre un président perçu à tort ou à raison comme un président qui va dire 'tout va bien, madame la marquise'. C’est une erreur, il faut faire attention." A l’approche de la journée de grève interprofessionnelle, prévue le 5 décembre, le chef d’Etat a mis en garde contre les "violences dans la rue" qui ont émaillé les mouvements étudiants et ceux du premier anniversaire des Gilets jaunes. 

De cette crise, le gouvernement peut-il s’en sortir ? "Oui mais il sortira fragilisé", assure Pascal Perrineau, faisant référence à ce qui s’est passé en novembre 1995 : "On avait eu un mouvement social du même type que celui qui est en train de se mettre en place aujourd’hui. Le gouvernement s’en était sorti en mauvais état puisque deux ans plus tard, les législatives de 1997 ramenaient la gauche au pouvoir. Mais ce n’est plus le même climat. On ne voit pas très bien qui serait politiquement aujourd’hui capable de donner un débouché politique à une colère sociale. C’est ce qui est inquiétant pour le système. Le schéma Juppé de 1995 est un schéma possible. Par rapport à la matrice originelle au fond de la réforme, des concessions énormes ont déjà été faites."

Solitude gouvernementale

Le politologue ajoute que le gouvernement est seul aujourd’hui "parce qu’il y a confluence de protestations extrêmement diverses" : "Bien au-delà du monde salarial, de la fonction publique, des entreprises publiques, il y a beaucoup de salariés du privé et beaucoup de professions indépendantes", constate-il. "Des gens qu’on n’a pas tellement l’habitude de voir dans la rue comme les avocats, les médecins. On a affaire à la base sociale, électorale du gouvernement. On voit bien qu’il y a une certaine solitude gouvernementale."

En dehors de Marine Le Pen, on ne voit pas très bien dans le paysage politique à gauche ou à droite quel homme ou quelle femme pourrait incarner aujourd’hui une alternative crédible.- Pascal Perrineau, politologue

Selon Pascal Perrineau, "la fonction présidentielle n’est plus ce qu’elle était" : "Georges Pompidou avait plus de pouvoir que n’en a Emmanuel Macron aujourd’hui. Dans une France insérée dans l’Europe, insérée dans la globalisation. Certaines demandes peuvent être satisfaites, d’autres échappent totalement au président de la République. C’est vrai que le prestige lié à la fonction fait que les Français ont l’impression que le président peut tout. Lorsqu'il était Premier ministre, Lionel Jospin disait : l’Etat ne peut pas tout et donc le chef d’Etat ne peut pas tout."

Le politologue n’en distingue pas moins un vrai atout chez l’actuel chef d’Etat : "La force de Macron, c’est la faiblesse de ses adversaires. Pour l’instant, on ne voit pas bien Marine Le Pen mais attention, dans les sondages et les intentions de vote, Marine Le Pen ne cesse de monter. Mais en dehors de Marine Le Pen, on ne voit pas très bien dans le paysage politique à gauche ou à droite quel homme ou quelle femme pourrait incarner aujourd’hui une alternative crédible."

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