VIDÉO - Pour Agnès Buzyn, les aides sociales sont "incompréhensibles" et "inéquitables"

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RÉACTION - La ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, était l'invitée du Grand Jury sur LCI ce dimanche. Elle a réagi au sujet des aides sociales, mais aussi des coffee shops qui vendent du cannabis en France.

"On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas". Les mots du président de la République, Emmanuel Macron, ont résonné toute la semaine dans la presse. Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des Solidarités, et ministre du "pognon de dingue" ? "Je suis la ministre de 'ça ne fonctionne pas'", assure la principale intéressée dans le Grand Jury, sur LCI, ce dimanche après-midi. 


Et quand ça ne fonctionne pas, ça ne fonctionne pas. L'élue fait référence à l'étude de l'OCDE publiée vendredi qui montre que "la France est l’un des plus mauvais pays pour faire sortir les gens de la pauvreté". On apprend qu'il faudrait cinq générations en moyenne dans les pays de l'OCDE pour qu'un descendant de famille pauvre atteigne le revenu moyen de son pays, et six chez nous, estime l'Organisation.

Les aides sociales "incompréhensibles"

"On ne peut pas avoir une vision uniforme des aides sociales. Elles sont extrêmement nombreuses. Aujourd’hui, elles sont incompréhensibles et 30% des gens ne recourent pas à leurs droits. Elles sont incompréhensibles, illisibles donc on va simplifier", assure la ministre. "Deuxièmement, elles sont inégales. Selon le statut que vous avez, vous ne toucherez pas la même chose en terme d’aides sociales. Donc elles sont totalement inéquitables. Et troisièmement, elles ne poussent pas à retourner vers l’emploi. Elles sont insuffisamment accompagnantes". 

Clarifier la loi sur les coffee shops

C'est l'autre question à laquelle la ministre a répondu : les coffee shops, qui vendent du cannabis à très faible taux de THC, "auront-ils fermé dans quelques mois" ? "Je pense qu'ils auront fermé", assure Agnès Buzyn. Le gouvernement entend bien clarifier la loi, face au boom actuel de ces magasins qui "se sont ouverts sur une zone grise du droit. Il va falloir qu'on revoie la législation et revoir comment on met de l'ordre dans tout cela", a-t-elle dit, évoquant un travail conjoint avec la DGCCRF. "Je suis contre la légalisation du cannabis (...) Et on n'est pas en train de lutter comme des fous pour faire en sorte que les Français arrêtent de fumer pour qu'il se mettent à fumer du cannabis!"

Vers un numéro unique d'urgence ?

"La question que je me pose aujourd'hui c'est : 'Est-ce qu'on a plutôt un numéro général qui régule la santé ou un numéro spécifique pour les urgences vitales ?" En ce sens, la ministre de la Santé révèle qu'un rapport a été commandé par le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, et elle-même. "Nous prendrons une décision dans le courant de l'été" pour la mise en place ou non d'un numéro unique d'urgence, assure-t-elle. 

Nomination à la tête de l'Inserm : "Ça ne me regarde pas"

"Le conflit d'intérêt a été réglé dès mon arrivée au ministère, un décret stipule que je ne suis plus la tutelle de cet organisme. C'est Matignon qui a la tutelle, donc je ne suis au courant de rien (...) Ça ne me regarde pas, je ne m'en mêle pas, je ne 

suis pas informée", a déclaré la ministre de la Santé Agnès Buzyn, sur la prochaine nomination du directeur de l'Inserm, poste jusqu'ici occupé par son mari, le Pr. Yves Lévy, depuis 2014. Les auditions des candidats sont prévues le 21 juin prochain. 

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