Présider LR, et après ? L'équation compliquée de Laurent Wauquiez après sa victoire

FAMILLE DÉCOMPOSÉE - Laurent Wauquiez, largement élu ce dimanche 10 décembre à la présidence des Républicains contre Florence Portelli et Maël de Calan, n'est cependant pas au bout de ses peines. Pour l'heure, le grand rassemblement qu'il prône à droite reste en effet très hypothétique.

Comme le prédisaient les dernières enquêtes d'opinion, Laurent Wauquiez a été élu triomphalement ce dimanche 10 décembre à la tête des Républicains avec 74,64% des voix dès le premier tour face à ses deux concurrents, Florence Portelli et Maël de Calan. 


Pour autant, l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy ne trouvera pas dans ces résultats de quoi être totalement serein. Quelques heures avant le scrutin, le regard que portaient les sympathisants LR sur lui n'était en effet pas tendre : si 88% le jugent dynamique, 62% ne l'estiment "pas proche des gens", 60% ne lui attribuent pas le qualificatif "honnête", plus de la moitié ne voit pas en lui quelqu'un de "sympathique" et 44% le pensent "démagogue". Une image qui s'est même dégradée au cours de la campagne pour l'élection interne. 

Au-delà de sa personne, surtout, moins d'un sympathisant de droite sur deux estime que le parti LR est la formation politique qui incarne le mieux... la droite. Dans la même veine, un sondage Ifop Fiducial pour Sud Radio et CNews montre que 23% des Français - et seulement 58% des sympathisants de droite -  jugent que LR a des dirigeants de qualité. Au même moment, les côtes de popularité d'Emmanuel Macron et de son Premier ministre Edouard Philippe, ex-LR, remontent de façon nette. C'est dire l'ampleur de la tâche qui attend désormais Laurent Wauquiez s'il veut convaincre son camp "qu'il ne laissera pas s'éteindre la flamme de la droite en France", comme il le promet. 

"Le chemin va être compliqué"

"Le peuple de droite est complètement déboussolé", explique à LCI Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop. "Il a compris qu'il avait un Premier ministre de droite et n'est pas mécontent des réformes menées par Emmanuel Macron. Le chef de l'Etat lui-même redevient populaire après avoir été impopulaire, ce qui est un cas de figure totalement inédit. On ne retrouve pas le traditionnel clivage gauche-droite qui profitait traditionnellement à l'opposition." 


Si Laurent Wauquiez marque des points dans les sondages auprès des électeurs frontistes déçus par Marine Le Pen, la ligne qu'il a adoptée pour la conquête du parti l'a en revanche considérablement éloigné de cet électorat centriste pro-Macron et pro-européen, relève le politologue, qui conclut : "Le chemin pour Laurent Wauquiez va être extrêmement compliqué. C'est le plus dur qui commence". 

Laurent Wauquiez, qui s'était affiché dans les derniers jours de la campagne avec François Fillon et Nicolas Sarkozy pour tenter de mobiliser des troupes disparates - 98.543 votants au final sur 234.000 adhérents-, promet de "rassembler". Pour autant, pas question pour celui qui clame que "la droite est de retour" "d'édulcorer" son discours pour ramener vers lui les tenants d'une ligne modérée. 


Résultat : le scénario d'une scission des droites s'était déjà réalisé. "Je le dis très clairement : il n'y aura plus d'alliance avec Les Républicains en tant que parti. Ce n'est plus possible. Ce qui n'empêchera pas de travailler avec des personnalités qui partagent nos valeurs", a notamment martelé vendredi dans Le Parisien le patron de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, tourné vers le nouveau mouvement Agir, initié par la droite pro-Macron. 


Voici donc désormais le gros dilemme de Laurent Wauquiez : poursuivre sur sa ligne droitière pour doubler le FN, comme Nicolas Sarkozy en 2007, ou réorienter le cap vers le centre pour tenter d'éviter un divorce définitif. A moins qu'il ne soit déjà trop tard pour la seconde hypothèse.

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