VIDÉO - Procès en appel : Isabelle Balkany estime que son mari est "en danger de mort"

VIDÉO - Procès en appel : Isabelle Balkany estime que son mari est "en danger de mort"

EXPLICATIONS - Isabelle Balkany était l'invitée de Pascal Perri sur LCI ce mardi soir après la première journée du procès en appel du couple levalloisien. L'occasion pour elle de donner des nouvelles de l'état de santé de son mari Patrick Balkany, qu'elle estime "en danger de mort".

Après un faux départ ce lundi 3 février, le procès en appel pour blanchiment aggravé de fraude fiscale de Patrick et Isabelle Balkany a réellement débuté ce mardi à Paris, en leur absence. La veille, les avocats de la défense avaient obtenu une suspension d'audience de 24 heures pour pouvoir se joindre au mouvement de grève des avocats contre la réforme des retraites qui menace leur régime autonome. 

C'est donc face à un banc des prévenus vide que la présidente Sophie Clément a entamé le traditionnel rapport résumant l'affaire. Dans une lettre à la cour lue à l'audience lundi, Patrick Balkany, 71 ans, avait invoqué son "épuisement physique et psychologique" pour expliquer qu'il était "incapable d'assister aux débats" et serait représenté par son avocat, comme il en a le droit. 

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Son épouse et première adjointe Isabelle, 72 ans, avait déclaré à la barre qu'elle "garderait le silence" pendant les débats et ajouté, en sortant de la salle, que son "ultime combat" était désormais de "sauver (son) mari". Son avocat a indiqué qu'elle avait obtenu un droit de visite et se trouvait ce mardi après-midi à la maison d'arrêt parisienne de la Santé, où Patrick Balkany est incarcéré depuis sa condamnation en septembre dernier pour fraude fiscale. 

Isabelle Balkany crie son "angoisse"

Mais l'après-midi a basculé au tribunal avec le cri "d'angoisse" d'Isabelle Balkany, tout juste arrivée du parloir de la maison d'arrêt de la Santé où elle venait de voir son époux. "Il est incapable de tenir seul debout, il n'a pas vu de médecin depuis quatre jours. Il pèse aujourd'hui 75 kg tout habillé, il a perdu près de 30 kg", a-t-elle déclaré, alors que la présidente rappelait que Patrick Balkany pouvait à tout moment décider de venir s'il le souhaitait. "Il est en danger, je vous le dis, à tous."

Car pour elle, son mari est bel et bien "en danger de mort". "Il a été victime d’une pathologie très peu connue (...) un infarctus de l’intestin", a-t-elle expliqué dans la soirée sur LCI, assurant que le tribunal avait ordonné une "expertise judiciaire" qui devrait avoir lieu "d'ici vendredi". Selon Isabelle Balkany, son mari "n’est pas allé à l’infirmerie depuis vendredi" 31 janvier. "Ce que je vous dis est valable pour lui mais aussi pour tous les détenus (...) On a mis la vie de mon mari en danger", a-t-elle souligné. 

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Elle dénonce "un traitement d'exception"

Le 18 octobre dernier, le tribunal avait condamné Patrick Balkany à cinq ans de prison pour blanchiment, avec incarcération immédiate, mais l'avait relaxé du délit de corruption. Isabelle Balkany s'était vue infliger quatre ans d'emprisonnement, mais sans mandat de dépôt, eu égard à sa santé fragile. Tous deux avaient été condamnés à dix ans d'inéligibilité et le tribunal avait ordonné la saisie de leurs biens et avoirs, notamment leur moulin à Giverny (Eure). Le parquet général a précisé à l'audience qu'il ne poursuivrait pas en appel Patrick Balkany pour "corruption" mais pour "prise illégale d'intérêt", en plus du "blanchiment aggravé". 

Pour Isabelle Balkany, la faute a été reconnue "pour des raisons patrimoniales et familiales". Et pour elle, il y a une explication, comme elle l'a précisé sur LCI : "nous sommes de la génération après la guerre, nos parents l’ont vécue de façon compliquée. Nous avons été élevés avec cette idée qu’il ne fallait pas mettre tous ses œufs dans le même panier parce qu’il faudrait peut-être partir un jour. Si nous avions respecté la règle, il n’y aurait pas de procès". 

On a mis la vie de mon mari en danger- Isabelle Balkany, sur LCI

Reste que pour Isabelle Balkany, le traitement qui est réservé à son mari est "un traitement d'exception". "J’ai un peu de mal à qualifier les choses... C’est un traitement d’exception total, reconnu par tous les juristes, un autisme aux arguments de la défense", a-t-elle dit. "On n'a jamais vu mettre sous dépôt quelqu’un pour un délit fiscal, que nous avons reconnu. Le mettre sous dépôt en première instance, avant l’appel, sans recours possible, alors qu’il n’est pas encore condamné, ça ne s’est jamais vu", a fait valoir celle qui assure l'intérim comme maire de Levallois-Perret. "Il n’était pas question de narguer les juges, juste de reconnaître une faute, soyons jugés normalement", a-t-elle dit. 

La justice avait à nouveau refusé fin janvier une demande de mise en liberté de Patrick Balkany incarcéré depuis sa condamnation pour fraude fiscale en septembre et régulièrement hospitalisé depuis la mi-décembre. "La façon dont les choses se passent est tout à fait anormal. On a fait en sorte d’empêcher le suffrage universel de l’exprimer librement", estime Isabelle Balkany. Et d'avancer que "quelques fois, le droit s’égare et qu'il y a des atteintes à la Constitution, dans ce pays et depuis un certain nombre d’années". 

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Et ce suffrage universel justement, elle s'y est dite très attachée. "Patrick (Balkany, ndlr) a souhaité se présenter afin que le suffrage universel s’exerce normalement (…) pour assurer la succession dans la sérénité. Ça n’a pas été possible. La justice n’a pas à intervenir dans le bon déroulement du suffrage universel."

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