Quand Macron répond à un enfant sur la crise des Gilets jaunes, qui ne peut se régler "d'un coup de baguette magique"

Emmanuel Macron à Soissons : "Faut pas régler tous les poblèmes d'un coup de baguette magique"
Politique

DÉPLACEMENT - Emmanuel Macron était en visite surprise dans un centre d'accueil pour enfants victimes de maltraitance, ce jeudi 20 décembre à Soissons, dans la région Hauts-de-France. L'occasion d'échanger avec eux autour de leur quotidien dans le "village Action France" et... de la crise des Gilets jaunes.

Le président de la République était à Soissons, dans l'Aisne, ce jeudi 20 décembre pour rendre visite à des enfants victimes de maltraitance. Emmanuel Macron a passé plus de deux heures à rencontrer le personnel et les enfants  du "village" de la fondation "Action enfance" qui accueille 60 jeunes de 3 à 17  ans dans huit maisons. Un déplacement qui a notamment eu lieu en vue de la présentation de la "stratégie de protection de l'enfance" prévue début 2019. 

Cette visite n'étant pas indiqué dans l'agenda du président, la presse n'était pas présente. Mais un enregistrement sonore des échanges qu'a eu Emmanuel Macron avec les enfants laisse transparaître une scène assez cocasse entre le chef de l'Etat et un enfant de six ans, qui l'a interrogé sur les Gilets jaunes.

"Tu peux être rassuré"

"Tu sais, les gens ne sont pas contents sur l'essence", lui lance-t-il. Ce à quoi le Président a prudemment répondu : "Le Premier ministre a dit qu'il enlevait la taxe. Donc ça va baisser là. L'essence ça va baisser, tu peux être rassuré." Avant d'ajouter : "Mais on ne peut pas régler tous les problèmes d'un coup de baguette magique. Il faut les régler les uns après les autres".

Une "profonde restructuration" de la protection de l'enfance

Le chef de l'état a ainsi indiqué qu'il prendrait des décisions en "début d'année prochaine" pour "restructurer profondément" la protection de l'enfance. "Il y a un travail formidable qui est fait (...) mais on peut faire beaucoup mieux", a-t-il ajouté.

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, chargée de ce dossier, avait fixé en novembre l'objectif que tous les mineurs pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance (ASE) puissent avoir un "parcours coordonné et pris en charge à 100%", y compris pour les consultations auprès d'un pédopsychiatre ou d'un psychologue. Est également prévue une "grande réforme" de la Protection maternelle et infantile (PMI).

En vidéo

Annonces d'Emmanuel Macron : le vrai du faux

Le "village d'enfants" de Soissons est l'un des 15 établissements gérés par Action Enfance, qui accueille 750 mineurs en France. Les enfants, souvent réunis en fratrie, habitent à six dans des pavillons qui recréent, au sein d'un "village", un semblant de vie familiale, avec des accompagnants qui vivent avec eux 24 heures sur 24. "Vivre ainsi avec les frères et sœurs est une formule qui fonctionne très bien car elle permet d'apaiser les enfants", a souligné Hélène Guilbert, directrice du centre.

Une initiative qui redonne un peu d'espoir lorsqu'on sait qu'un enfant est tué tous les cinq jours par l'un de ses parents, dont la moitié avant son premier anniversaire. Un total de 341.000 mineurs faisaient l'objet d'au moins une mesure de protection de l'enfance fin 2017 en France, en hausse de 4,2% en un an, selon les derniers chiffres officiels. Plus de la moitié (52%) étaient placés.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter