VIDÉO - Quand Poutine rappelle à Macron les blessés des Gilets jaunes

Politique

COMPARAISON - Lors de la conférence de presse qu'il donnait avec Emmanuel Macron à Brégançon, lundi 19 août, le président russe, interrogé sur la répression de l'opposition à Moscou ces dernières semaines, a sous-entendu que la France avait, elle aussi, déployé la force pour encadrer les manifestations qui ont secoué le pays ces derniers mois.

Il y a des comparaisons qui piquent plus que d'autres. Lundi 19 août, alors qu'ils répondaient aux questions de la presse, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, en visite au fort de Brégançon, la résidence présidentielle estivale, les deux hommes ont été interrogés sur les questions de liberté d'expression et de manifestation. C'est d'abord Vladimir Poutine qui s'est exprimé sur les arrestations qui ont frappé des opposants à son régime qui participaient à des manifestations à Moscou, en opposition au rejet de certaines de leurs candidatures aux prochaines élections municipales, le 8 septembre.

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"On ne veut pas que des événements pareils se déroulent à Moscou"

"On a toujours le droit de sortir dans les rues de manière paisible, avec le concours des autorités pour organiser les manifestations", a-t-il commencé, en référence aux marches qui ont vu défiler des dizaines de milliers de personnes, dont des figures de l'opposition. Lesquelles purgent actuellement de courtes peines de prison. Un emprisonnement balayé par le président russe : "Peut-être qu'il y avait certaines raisons pour que ces opposants soient arrêtés par des policiers"

Mais le maître du Kremlin ne s'est pas arrêté là, et a soulevé un débat qui a crispé Emmanuel Macron : "D'ailleurs, ça ne se passe pas qu'en Russie. Je suis invité par le président français, et je suis un peu mal à l'aise en le disant, mais vous savez tous que pendant les manifestations de Gilets jaunes, il y a eu plusieurs personnes qui ont été blessées, des policiers aussi...", comme nous l'avions écrit dans un premier temps, en nous basant sur la traduction simultanée. Vérifications faites, le président russe évoque également un décompte qui fait état de "onze personnes tuées". 

Un sujet délicat pour l'exécutif français, alors que des milliers de blessés ont été recensés parmi les manifestants, dont 144 graves, mais aussi dans les rangs de la police. De quoi faire conclure ainsi Vladimir Poutine : "On ne veut pas du tout que des événements pareils se passent dans la capitale russe, mais on le fera en respectant la loi."

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"Comparaison ne vaut pas raison"

Une leçon en maintien de l'ordre que n'a pas franchement goûté son homologue français. Qui a renvoyé au président russe : "Comparaison ne vaut pas raison. En France, les Gilets jaunes ont été librement aux élections européennes, ils iront aux municipales et c'est très bien comme ça, [...] parce que ça réduit la conflictualité." Quelques instants auparavant, il avait répondu à Vladimir Poutine sur le cas précis des blessures du mouvement des Gilets jaunes : "Des manifestants ont été blessés, gravement, des policiers ont été blessés... Evidemment, je suis cela de très près et j'en suis préoccupé."

Tout en restant droit dans ses bottes au regard des restrictions à la liberté de manifester qui lui ont été lourdement reprochées pendant le point culminant du conflit : "Lorsqu'on attente à l'ordre public, il faut protéger l'ordre public, c'est le corrélat de la liberté de manifester."

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