VIDÉO - Réforme du Code du travail, stock-options chez Danone : Laurence Parisot adoube Muriel Pénicaud

Politique
PATRONAT - Invitée de LCI ce vendredi, la prédécesseuse de Pierre Gattaz à la tête du Medef a salué avec beaucoup d'enthousiasme le travail engagé par la ministre du Travail dans le cadre de la concertation pour la réforme du code du travail.

La loi d'habilitation à réformer le code du travail par ordonnances vient à peine d'être votée au Sénat et, déjà, Muriel Pénicaud, qui porte le texte et la réforme, est au coeur de la tourmente. Concernée indirectement par l'affaire Business France, la voilà désormais critiquée pour avoir touché une petite fortune en stock-options, lors de son passage à la direction des ressources humaines de Danone, après un plan social.

Les stock-options ? "Scandalisée qu'on en fasse un scandale"

Pas de quoi frapper Laurence Parisot, ancienne patronne du Medef qui, sur LCI, a pris la défense de la ministre du Travail : "Je suis scandalisée qu'on essaie d'en faire un scandale", a-t-elle répondu, alors qu'elle était interrogée sur la moralisation de la vie économique. "Ça fait partie de la vie des grandes entreprises que de pouvoir attribuer des stock-options pour attirer des cadres performants." Ne comptez donc pas sur l'ex-patronne de l'Ifop, qui avait soutenu Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, pour critiquer l'ancienne DRH.


Car Laurence Parisot n'a pas de mots assez forts pour saluer l'action de Muriel Pénicaud depuis qu'elle a engagé le travail de concertation avec les syndicats : "Remarquable, excessivement sérieux, professionnel. Elle est d'aileurs saluée par les organisations syndicales, qui ont dit à quel point la concertation avait été sincère." C'est en effet le cas de la CFDT ou de Force ouvrière, ce qui n'a pas empêché les leaders de ces centrales de dresser quelques lignes jaunes dans le cadre de cette réforme. Sans parler de la CGT qui, tout en saluant le dialogue avec l'exécutif, a d'ores et déjà appelé à manifester le 12 septembre.

Laurence Parisot voit en effet dans cette loi "un moment assez important". Et s'il est si important, c'est qu'il reprend "beaucoup d'idées qui viennent de travaux qu'[elle a elle-même] menés." Parmi ces idées, une semble lui tenir particulièrement à coeur : la délégation au niveau de l'entreprise du dialogue social, pour décider de l'organisation du travail en lieu et place de la loi. La fameuse inversion de la hiérarchie des normes, décriée par les opposants au texte et niée comme telle par la ministre elle-même.


Interrogée sur le fait que cette délégation pourrait nuire aux salariés qui ne peuvent pas installer un rapport de forces avec leur direction et se retrouveraient dès lors lésés dans certains cas, Laurence Parisot n'élude pas : "Il faut simplifier et renforcer le dialogue social dans les grandes et les moyennes entreprises." Mais pas jusque dans les très petites entreprises "de moins de 20 salariés", où le dialogue doit se passer "directement entre direction et salariés". Soit précisément les endroits où la syndicalisation est la plus faible.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Réforme du code du travail

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter