VIDÉO - Réforme du Code du travail : les cortèges de plus en plus clairsemés

MANIF - Entre 5.500 et 25.000 personnes ont manifesté, ce jeudi, à Paris contre les ordonnances réformant le code du travail, à l'appel des syndicats CGT et Solidaires. C'est deux fois à quatre fois moins que les manifestations de septembre. Le ministère de l'Intérieur a dénombré près de 40.000 manifestants dans toute la France.

En attendant une éventuelle action plus unitaire avec d'autres syndicats, qui pourrait être annoncée le 24 octobre, la troisième journée de protestation contre les ordonnances réformant le Code du travail, à l'appel de la CGT et Solidaires, a montré ce jeudi un net essoufflement de la mobilisation à Paris et en régions.


A Paris, le cortège entre Montparnasse et Denfert-Rochereau a rassemblé de 5.500 manifestants, selon la Préfecture de police, à 25.000 selon la CGT, deux fois moins qu'en septembre. La CGT avait en effet annoncé 55.000 manifestants le 21 septembre et 60.000 le 12 septembre. En régions, les manifestations montraient également partout une baisse significative, notamment à Pau, Bayonne ou Rennes, mais aussi à Toulouse et Lyon, où une banderole proclamait : "Foutons le bordel", allusion au propos polémique d'Emmanuel Macron en Corrèze. "On est déterminés à aller jusqu'au bout", a cependant assuré à Marseille le leader de la CGT Philippe Martinez. Seules 20.000 personnes ont manifesté dans la cité phocéenne, selon la CGT, contre 50.000 le 21 septembre et 60.000 le 12 septembre.

Edouard Philippe a quant à lui rappelé dans la matinée que les ordonnances "ont été signées, publiées, sont en vigueur", tout en disant assumer "des désaccords" avec les syndicats. Le Premier ministre a d'ailleurs entamé cette semaine le deuxième volet de ses réformes sociales, celles de l'apprentissage, de la formation professionnelle et de l'assurance chômage, qui doivent aboutir à un projet de loi en avril.


Pour la CGT et Solidaires, toutefois, pas question de tourner la page des ordonnances. "La perspective de construction d'une mobilisation unitaire qui mette à bas ces ordonnances est toujours une priorité", a expliqué en début de semaine Eric Beynel, porte-parole de Solidaires. Mais l'annonce de cette journée de mobilisation par la CGT seule d'abord, avait pris de court, même en interne. "On a du mal à comprendre cet appel", avait avoué un cadre de la CGT, qui craignait par avance que cette journée ne "soit un échec", une semaine après la mobilisation "en demi-teinte" pour soutenir les fonctionnaires. La CGT avait lancé l'appel le 9 octobre, après une réunion intersyndicale qui avait échoué à arrêter une action unitaire.

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Toutes les centrales syndicales émettent pourtant de sérieuses critiques sur certaines mesures, comme le plafonnement des indemnités prud'homales ou la fusion des instances représentatives du personnel, dont le décret d'application n'a toujours pas été publié. Mais elles sont très divisées sur les modalités d'action et semblent déjà, pour certaines, tournées vers le volet des réformes sociales.


Pour Fabrice Angéi, membre de la direction de la CGT, la journée de jeudi permet en tout cas "d'entretenir la contestation. On ne pouvait pas attendre le 24 octobre". Ce jour-là, une nouvelle réunion intersyndicale pourrait donc en effet donner lieu à un appel plus unitaire, éventuellement avec FO et la CFE-CGC, espèrent la CGT et Solidaires.  Cette réunion est paradoxalement prévue au siège de la CFDT, dont le secrétaire général Laurent Berger a maintes fois répété qu'il refusait de faire démonstration de faiblesse" en battant le pavé contre les ordonnances, malgré les demandes insistantes d'une partie de ses militants.

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