Quand Olivier Dussopt, nouveau secrétaire d'Etat, reprochait à Emmanuel Macron de se comporter en "connard"

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ACCALMIE - Olivier Dussopt, député Nouvelle gauche de l'Ardèche, a fait son entrée au gouvernement ce vendredi. Pourtant, ses relations avec Emmanuel Macron ont parfois été houleuses.

Olivier Dussopt, 39 ans, député Nouvelle gauche de l’Ardèche, a été nommé ce vendredi secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, chargé en particulier de la Fonction publique. Une belle prise pour Emmanuel Macron, qui attire ainsi à lui un élu sur lequel le Parti socialiste comptait pour se reconstruire. Le chef de l'Etat met aussi sous sa coupe le président de l’Association des petites villes de France, alors que ses relations avec les maires sont très tendues.


Pourtant, les deux hommes ont un passif plutôt lourd. Une grosse altercation a notamment eu lieu entre eux au mois de septembre 2014 à l’Assemblée nationale. Quelques jours avant, Emmanuel Macron avait prononcé une phrase polémique sur les ouvrières de Gad. "Dans mes dossiers, il y a la société Gad : il y a dans cet abattoir une majorité de femmes, il y en a qui sont pour beaucoup illettrées !" avait-il dit pour sa première interview en tant que ministre de l'Economie. 

Mère ouvrière

Des propos qui avaient blessé le député de l’Ardèche. Et il lui avait vivement fait savoir dans les couloirs du palais Bourbon. Selon Le Canard Enchaîné, Olivier Dussopt avait intercepté le ministre quelques minutes avant qu’il ne présente ses excuses au Perchoir. "Je me nomme Olivier Dussopt, je suis député de l’Ardèche. Ma mère est ouvrière, n’a pas de diplôme et a été licenciée à deux reprises. Vous l’avez insultée, ce matin sur Europe 1." L’élu avait jugé ensuite que le ministre s’était comporté en "connard" et avait fait preuve de "mépris" à l’égard des ouvriers. 


Le ton redescendra après les excuses présentées par Emmanuel Macron lors des questions au gouvernement. "Je n’imaginais pas qu’il présenterait ses excuses. Il a dit qu’il était désolé. Dont acte. Pour moi, c’est un épisode passé", avait alors dit Olivier Dussopt au Lab.

Il défend les maires des petites villes contre les mesures du gouvernement

Plus récemment, en tant que président de l’Association des petites villes de France, Olivier Dussopt a souvent pris la parole dans les médias pour dénoncer les mesures gouvernementales défavorables aux collectivités locales. A propos de la taxe d’habitation, il a par exemple déclaré sur Europe 1 : "La fiscalité locale représente 60%, en moyenne, des recettes des collectivités, et la taxe d’habitation largement la moitié de ce chiffre. On ne peut pas dire, du jour au lendemain, que les communes perdent la taxe d’habitation et donc n’ont plus rien pour assurer le fonctionnement des services, des écoles, de l’état civil ou encore le nettoyage des rues. Le président a dit pendant sa campagne que cette suppression serait compensée pour les communes. La question est de savoir comment, et comment on garantit l’autonomie fiscale car une dotation qui remplace une taxe, ça n’est ni l’autonomie ni la décentralisation. Et si, malgré tout, ce sera remplacé par une dotation, quelles en seront les modalités techniques ? Sera-t-elle dynamique ou gelée ? A chaque fois que l’Etat a remplacé une taxe par une dotation, cette dotation, au mieux, a stagné, au pire, a baissé. Ca s’est traduit par une perte de moyens pour les collectivités."

 

Olivir Dussopt s’est également opposé à la baisse des dépenses et des dotations aux collectivités territoriales. "Nous représentons 20% des dépenses publiques et avons réalisé ces trois dernières années 50% de la contribution au redressement des comptes publics, nous n’allons pas passer deux fois à la caisse" a-t-il lancé dans Les Echos.

"Macron-compatible"

Pour autant, Olivier Dussopt est tout à fait "Macron-compatible". Au moment de voter la confiance au gouvernement le 5 juillet dernier, il avait déclaré : "Je pense que l’on peut être socialiste et voter la confiance. Mais voter la confiance ne lie pas les mains, ça permet ensuite de s’opposer à tout ce qui ne va pas dans le bon sens. Il ne faut pas dramatiser le vote de confiance, c’est un vote parmi d’autres. Peu ont d’ailleurs encore en tête qui a voté quoi il y a cinq ans." Il avait finalement choisi de s’abstenir, quand son groupe avait choisi de voter contre le gouvernement.


Olivier Dussopt est par ailleurs un proche de Manuel Valls. Il a été son porte-parole lors de la primaire de la gauche, et pourrait donc le rejoindre du côté de la majorité présidentielle.

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