"Renault ne doit laisser personne sur le bord de la route", affirme Gilles Le Gendre

"Renault ne doit laisser personne sur le bord de la route", affirme Gilles Le Gendre

REACTION - Invité politique de LCI ce jeudi 21 mai, Gilles Le Gendre, président du groupe "La République En Marche" à l'Assemblée nationale, a balayé l'actualité brûlante, de la crise économique aux affaires internes de son parti.

Elizabeth Martichoux recevait, jeudi 21 mai, dans le cadre de son interview politique sur LCI, Gilles Le Gendre, président du groupe La République En Marche à l'Assemblée nationale. L'occasion de l'interroger sur les nombreux sujets d'actualité brûlante que doivent gérer la majorité et le gouvernement. Passage en revue de ces thématiques, et de ses réponses.

Toute l'info sur

Les défis du déconfinement

Transports, rassemblements... : quelles sont les mesures de restriction toujours en vigueur ?Retour à l'école obligatoire : en quoi consiste le "protocole sanitaire assoupli" ?

Renault

Alors que les rumeurs de cessation d'activité dans quatre usines du groupe automobile ont émergé dans la presse, Gilles Le Gendre s'est montré circonspect : "Je ne confonds pas les annonces et les fuites. Aucune annonce n'a été faite. Le plan de sauvetage Renault doit répondre à une situation d'une immense complexité. Il doit permettre au groupe de réaliser une transformation qu'il aurait de toute façon dû faire. L'entreprise était en crise avant le Covid. L'Etat doit l'aider à réussir. Tous ceux qui cherchent à entretenir une polémique politicienne ne pensent ni à Renault, ni à ses salariés."

Lire aussi

Le député de Paris pense par ailleurs que la situation de Renault sera traversée par une bonne part des sociétés françaises : "Ce sera comme ça pour toutes les entreprises dans les années qui viennent. L'emploi, ce n'est pas que celui de demain matin, c'est l'emploi de long terme. Il est tout à fait normal de concilier objectif économique et objectif d'emplois. Le sauvetage de Renault, ce ne sera pas qu'une mesure, ce sera un cocktail". 

Alors que nombreux sont ceux qui estiment que le prêt de 5 milliards consenti par l'Etat oblige Renault, Gilles Le Gendre relativise l'argument : "Même sans les 5 milliards de prêt, l'Etat aurait pu poser des conditions. Nous voulons sauver Renault pour que Renault sauve des emplois. Cela passera par de la formation, de la mobilité, des propositions de reconversion, pour faire en sorte que personne ne soit laissé sur le bord de la route."

L'urgence économique

A l'instar de la situation de Renault, l'hypothèse de vagues de licenciement inquiète dans le pays. "Nous faisons tout pour que le moins possible de faillites ne se produisent. De nombreux efforts économiques ont été faits", rappelle ainsi Gilles Le Gendre, en référence au chômage partiel déclenché et aux nombreuses aides accordées aux entreprises. "Maintenant, nous voulons entrer dans une deuxième phase, celle de la reconstruction des entreprises, que le Président ouvrira. La consommation va reprendre. L'activité aussi. Je pense par exemple au secteur du bâtiment, qui n'est pas encore à plein régime après avoir été à l'arrêt pendant le confinement, mais dont l'activité progresse. L'Etat va devoir bâtir les outils pour accompagner financièrement et socialement les entreprises, en apportant des soutiens massifs aux plus durement touchées. Notre prochain plan de relance incorporera ces mesures. Il sera voté au Parlement en septembre. En attendant, on agit au cas par cas. La réalité économique n'attend pas. Le chômage partiel ce n'est pas sain, c'est forcément provisoire."

La PMA

Arlésienne de ce quinquennat, projet de loi maintes fois repoussé, la PMA ne sera pas adoptée cet été. Mais il va falloir attendre. "J'espère que nous pourrons adopter la PMA (procréation médicalement assistée) avant la fin du quinquennat", a renvoyé Gilles Le Gendre. "Avant l'été ce ne sera pas possible, pour des raisons de calendrier et parce que, en raison du contexte, les hémicycles travaillent aujourd'hui à effectifs réduits, pour respecter les règles sanitaires". Pour ce projet de loi, dont les associations désespèrent qu'il soit en fin adopté, il faudra attendre. Le patron des députés LaREM fait en effet valoir que, "pour une loi aussi importante, il faudrait que l'ensemble des forces politiques puissent être présentes. Autrement, il y aurait un vrai problème de principe. Nous nous donnons deux ans." 

Les municipales

Autre sujet éminemment problématique du moment, la tenue du second tour des municipales. Faudra-t-il voter en juin, au risque de risquer une nouvelle propagation du virus ? Ou attendre 2021, et alors reprendre le premier tour ? "D'ici dix jours, nous connaîtrons la solution. Evidemment, il faudrait que le second tour ait lieu après le premier, donc qu'il ait lieu en juin", pose Gilles Le Gendre. "Mais pour cela, trois conditions : conditions sanitaires irréprochables, une campagne électorale à peu près normale avec des tracts et du porte-à-porte (le Conseil scientifique dit que c'est envisageable), et le fait que les Français puissent être à l'aise avec la décision que nous allons prendre". Envisage-t-il un retour au Parlement, alors qu'une loi avait déjà été votée pour entériner ce report à la fin du mois de juin ? "Je ne suis pas sûr qu'il soit indispensable, mais c'est une prérogative du Premier ministre. S'il le décide, il aura lieu."

La majorité à l'Assemblée nationale

Un sujet qui ne semble pas préoccuper Gilles Le Gendre, c'est la création, grâce à la défection de sept députés de son groupe, d'un neuvième groupe à l'Assemblée, qui fait de facto perdre la majorité à son groupe. "Nous sommes à 288 membres, la majorité absolue est à 289. Je vois tout ce que cette question revêt en forces symboliques, mais en termes arithmétiques et politiques, ce qui s'est passé n'a aucune importance. Cela ne risque pas de créer des déséquilibres internes au sein de la majorité", balaye-t-il. Et, alors que certains membres restés dans le groupe LaRem y voient une traîtrise, lui appelle à être "économes des mots". Mais ne semble pas davantage comprendre la démarche de ses anciens collègues. "Je ne stigmatise pas les individus. Je dis juste qu'ils commettent une énorme erreur politique, qui ne change pas notre vie. Ils veulent plus de politique sociale ? Jamais aucun pays n'a mis en place un filet de protection à un niveau aussi élevé. Le moment choisi est inapproprié."

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

CARTE - Confinement : regardez jusqu’où vous pourrez sortir autour de chez vous dès le 28 novembre

"Un chagrin presque insupportable" : Meghan Markle évoque sa fausse couche dans une poignante tribune

EN DIRECT - Covid-19 : l'Allemagne prolonge ses restrictions jusqu'en janvier 2021

EN DIRECT - Election US : Trump appelle ses partisans à "inverser" le résultat, Biden lui répond

EN DIRECT - Mort de Maradona : une veillée funèbre au palais présidentiel argentin

Lire et commenter