VIDÉO - Retraités, carburants, gilets jaunes... Macron est allé "chercher la colère des Français, là où elle est"

Politique
RECONQUÊTE ? - "On a brisé la vitre qui sépare traditionnellement le président du peuple". L'Elysée tire un bilan forcément positif de l'itinérance d'Emmanuel Macron pendant cinq jours. Au gré des bains de foule, le président a été salué, mais aussi malmené par des Français en colère. Difficile de savoir si cette "opération reconquête" portera ou non ses fruits dans l'opinion à quelques jours d'une journée de mobilisation.

Il voulait passer plusieurs jours au contact des Français. Il a été servi. Au cours de son "itinérance mémorielle", Emmanuel Macron n'a cessé d'être interpellé sur le pouvoir d'achat, la hausse des taxes sur le diesel ou encore le montant des retraites, devant les caméras des chaînes d'information en continu. Pour le meilleur et pour le pire. 


Dès mardi à Verdun (Meuse) lieu emblématique de la Grande Guerre, le chef de l'Etat avait déjà dû répondre à des interpellations parfois virulentes de certains habitants qui l'accusaient "d'écraser les gens". "Quand vous faites un cadeau d’un côté, vous le reprenez de l’autre", lui a notamment reproché un homme. "Le carburant, c’est pas bibi !", a répliqué Emmanuel Macron. La contestation s'est cristallisée ces dernières semaines autour de la décision du gouvernement d'augmenter graduellement les taxes sur les carburants, une mesure qui se traduira par une hausse de 6,5 centimes par litre de diesel et 2,9 centimes pour l'essence au 1er janvier 2019.


Mercredi, face à plusieurs habitants désemparés ou agressifs, il a pris soin de répondre calmement, tantôt en arguant que les augmentations des carburants n'étaient pas de son fait, tantôt en promettant des aides pour les plus pénalisés. "Moi je suis grand-mère et arrière grand-mère, on ne peut même plus gâter nos petits enfants", l'a apostrophé une retraitée. "Vous n'avez fait qu'aggraver nos retraites", lui a lancé un autre.

"On réussit sans vous!"

Ce jeudi, dans l'usine de Maubeuge (Nord) de Renault, où le PDG Carlos Ghosn a annoncé un investissement de 400 millions d'euros, c'est par un syndicaliste Sud qu'Emmanuel Macron a été hélé. "Vous prenez dans la poche des ouvriers aujourd'hui M. Macron, ce que M. Ghosn nous donne d'une main vous allez le reprendre dans notre proche", a lancé Samuel Beauvois au chef de l'Etat au moment où ce dernier entamait un discours devant les salariés, en présence du PDG et de plusieurs ministres. Le salarié a évoqué notamment la question du prix du carburant, avant d'être interrompu par les huées de certains de ses collègues. "Venez là, je vous écoute donc il faut que vous ayez la courtoisie de m'écouter", a répondu Emmanuel Macron. "On n'est pas là pour faire le show, on est là pour essayer de réussir." "On réussit sans vous!", a rétorqué Samuel Beauvois, avant de réagir un peu plus tard aux annonces d'investissements et d'emplois : "ce n'est pas grâce à vous monsieur Macron". "Vous êtes ridicule là monsieur", a répliqué le chef de l'Etat, avant de défendre longuement la politique menée par l'exécutif depuis le début du quinquennat.

"On a brisé la vitre", assure l'Elysée

Pour l'Elysée, cette séquence "au contact" n'est que positive. "On a mis le président volontairement face à la colère des Français. On a brisé la vitre qui sépare traditionnellement le président du peuple", assure la Présidence de la Républque. "La présidentialité c’est la dignité et l’écoute. Quand on élit un président de la République, on est fondé comme citoyen à lui faire part de ses colères sans y mettre de forme protocolaire. Le principe de cette itinérance, c’était d’aller la chercher, cette colère, là où elle est." Emmanuel Macron, qui s'est dit "heureux" d'une telle semaine de bains de foule, saura dès le 17 novembre si, dans l'opinion, la colère est endiguée ou, au contraire, prête à exploser.

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