VIDÉO - Séance surréaliste à l’Assemblée : quand la répartition des postes vire au psychodrame

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RUPTURE - Mercredi soir à l’Assemblée, la répartition des postes clés a donné lieu à une vraie guerre à droite, entre le groupe LR "historique" et le groupe "les Constructifs".

La répartition des postes clés a donné lieu mercredi à une bataille entre certains groupes d'opposition virant à un psychodrame "digne de la IVème République" selon certains députés. Entamée à 15 heures, la séance a été levée à 00h35. En 2012 la même séance, où on entérine le partage des postes préalablement convenu, avait duré cinq minutes.


Par tradition à l'Assemblée nationale, les deux premiers postes de questeurs, chargés des services financiers et administratifs, sont réservés au groupe majoritaire, et le troisième à celui de l'opposition le plus important. Pour cette législature, le groupe d'opposition le plus fourni est le groupe LR, avec 100 élus. Mercredi matin, ce dernier avait désigné Eric Ciotti pour occuper le poste de troisième questeur. 

Mais dans le même temps, le groupe "les Constructifs" (35 membres), également composé de députés issus des Républicains, avait choisi de présenter Thierry Solère à ce même poste. Après le vote de l'hémicyle, ce dernier a été élu par 306 voix contre 146, grâce aux suffrages des députés du groupe La République en marche, majoritaire à l'Assemblée, et du groupe MoDem.


De quoi ouvrir une guerre entre les deux groupes ! Le chef de file des Républicains, Christian Jacob, a dénoncé une première depuis "plus de 50 ans". "Les droits de l’opposition ont été bafoués comme ils ne l'ont jamais étés", a-t-il ajouté. Il a accusé ses anciens collègues LR de "mentir" et "tromper". Le député LR Philippe Gosselin évoque "une vraie déclaration de guerre".

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Gosselin (groupe LR) : "C'est une vraie déclaration de guerre"

"Où est le déni de démocratie M. Jacob? Il y a eu un vote !", lui a répondu le coprésident "des Constructifs", Franck Riester qui a défendu la candidature de Thierry. Solère comme un moyen d'ouvrir la questure à "tous les groupes de l'opposition". "Je me suis présenté pour être le questeur de tous les groupes minoritaires", a d'ailleurs dit Thierry Solère. 


Eric Ciotti a de son côté dénoncé un "scandale démocratique" et un "hold-up institutionnel qui empêche l'opposition d'exercer son rôle de contre-pouvoir". 

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Thierry Solère : "J'ai proposé ma candidature pour être le questeur de tous les groupes minoritaires"

Après une énième suspension de séance, Christian Jacob annonce vers 19h que son groupe refuse de siéger au bureau de l'Assemblée "tant que les droits de l'opposition ne seront pas rétablis".  Nouvelle suspension qui dure près de trois heures. Les députés errent dans les couloirs et  ne savent pas s'ils peuvent aller dîner ou pas. Pendant ce temps-là, la buvette est débordée... 


On apprend que REM propose à LR en compensation trois postes de vice-président (au lieu de deux) en sacrifiant celui promis à l'UDI Yves Jégo. "C'est un drôle de baptême", témoigne une novice REM, un peu dépassée par la tournure des événements.  "Il y a des moments où on est plus fiers d'être députés que ce soir", résume le président du groupe Nouvelle gauche (socialistes) Olivier Faure.

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Olivier Faure regrette le spectacle offert par l'Assemblée

A 22H30 la séance reprend. Le chef de file des REM Richard Ferrand explique que si l'Assemblée n'élit pas son bureau, "elle est bloquée". Il propose alors la candidature de trois REM aux postes de vice-présidents pour suppléer temporairement les trois LR. "Ces trois vice-présidents céderont leur place quand la bouderie des Républicains aura cessé", dit-il. 


Pour apaiser les craintes des Républicains qui redoutent que la présidence de la commission des Finances, réservée à l'opposition depuis 2009, ne leur soit subtilisée de la même manière, Richard Ferrand précise que les députés REM ne prendront pas part à ce vote jeudi.


Mais Jean-Luc Mélenchon, chef de file des Insoumis, et André Chassaigne pour les communistes, en profitent pour déposer une candidature de leur groupe à la vice-présidence, tout comme... Jean Lassalle (non-inscrit). Dix candidats pour six postes, il faut donc un nouveau vote. Le résultat est annoncé à 00h30 : 5 REM et 1 Modem sont désignés vice-présidents.

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