VIDÉO - Stock-options chez Danone : "Je ne laisserai personne dire que je n'ai pas de cœur et pas de morale" se défend Muriel Pénicaud

DÉFENSE - Interrogée sur la moralité de sa plus-value réalisée en 2013 chez Danone, la ministre du Travail Muriel Pénicaud s'est défendue devant les députés de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale. Elle a mis en avant la légalité de l'opération et a rappelé son "engagement social".

Le journal L'Humanité a révélé il y a quelques jours que la ministre du Travail Muriel Pénicaud avait réalisé en 2013 une plus-value de plus d'un million d'euros en revendant des actions après l'annonce d'un plan social chez Danone, où elle travaillait au sein de la direction des ressources humaines. Interrogée sur la moralité de pareille opération par Adrien Quatennens, député La France insoumise, devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale où elle venait rendre compte des résultats de la consultation sur la réforme du code du travail, la ministre a répondu et s'est défendue.

Il y a une différence entre transparence et voyeurisme Muriel Pénicaud

La ministre du Travail a tout d'abord rappelé la réalité de l'opération financière : "Comme pour tous les dirigeants d'entreprise, ma rémunération a été, est et sera déclarée, contrôlée par toutes les instances nécessaires. En tant qu'élue, toute ma rémunération et mon patrimoine sont publiés ou seront publiés par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Mes impôts sont également sous contrôle. L'AMF (Autorité pour les marchés financiers), la Haute autorité et les services fiscaux, sont compétents pour vérifier à tout moment la légalité et la justesse de ma situation, de mes déclarations. En revanche, si je suis d'accord avec les règles de transparence, je pense qu'il y a une différence entre transparence et voyeurisme et je ne veux pas rentrer plus en détail dans ce sujet." 


Muriel Pénicaud a ensuite estimé nécessaire le débat sur la rémunération des patrons, mais a rappelé que ces derniers devaient aussi être rémunérés à hauteur de leur engagement. "Je pense que les rémunérations des dirigeants font un débat de société, mais je pense qu'il est important que des entrepreneurs, des dirigeants, des personnalités qui prennent des risques, gagnent de l'argent, aient le retour de leurs investissements et de leurs responsabilités. Je suis prête à en discuter." Avant de souligner la *coïncidence* entre l'information de L'Humanité et la réforme du code du travail qu'elle construit en ce moment : "Il ne faut pas confondre ce sujet de société, légitime, avec un contexte particulier qui n'arrive pas à une date au hasard."

Des gens dans ce pays connaissent mon engagement social depuis longtempsMuriel Pénicaud

Enfin, à la fin de sa longue réponse, Muriel Pénicaud a apporté une touche plus personnelle et mis en avant son engagement. "Des gens dans ce pays connaissent mon engagement social depuis longtemps. Penser que j'aurai pu, quatre ans à l'avance, parce qu'on m'attribue un plan de stock-option,  imaginer qu'à cette date-là ce serait bien qu'il puisse y avoir un plan des restructuration, un plan de départs volontaires de salariés pour faire une plus value c'est juste absurde, blessant, et je ne laisserai personne dire que je n'ai pas de coeur et pas de morale."

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