VIDÉO - Suppression de l'ISF : Le Maire prêt à discuter de la fiscalité des "biens ostentatoires", Darmanin va plus loin

Politique
PRUDENCE - Lors du Grand Jury, dimanche, le ministre de l'Economie a répondu aux parlementaires qui s'inquiètent des conséquences de la suppression de l'ISF. Il se dit prêt à discuter de la fiscalité de certains biens de luxe qui échapperaient à la réforme. Au même moment, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin appelait à "surtaxer" les yachts et les jets.

Faut-il surtaxer les yachts, jets privés et autres lingots d'or qui vont échapper à l'Impôt sur la fortune immobilière (IFI), le successeur de l'ISF ? C'est ce que demandent depuis quelques jours les parlementaires Modem mais aussi plusieurs responsables de la majorité LREM, comme le rapporteur du Budget Joël Giraud. "Un yacht, c'est m'as-tu vu, ce n'est pas productif pour l'économie", a argumenté ce dernier.


Interrogé dimanche sur BFMTV, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a mis les pieds dans le plat pour sortir d'une polémique qui ne cesse d'alimenter le sentiment d'une réforme fiscale favorable aux plus riches. "Oui, je suis favorable à surtaxer les yachts et les jets", a-t-il martelé, assurant que "des choses seront modifiées au Parlement" au cours des discussions budgétaires. 

Le Maire plus prudent

Ce n'est pas tout à fait ce que l'on a pu entendre au même moment au Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro, dont le ministre de l'Economie Bruno Le Maire était l'invité. Ce dernier a certes fait un pas en direction des parlementaires, mais de façon beaucoup plus prudente. 


"Je suis opposé à la création de nouvelles taxes qui viendraient compliquer cet IFI. Ce n'était pas dans le projet d'Emmanuel Macron et ce ne serait pas cohérent", a indiqué le ministre issu, comme Gérald Darmanin, des rangs de la droite. "En revanche, il existe des dispositifs qui portent, par exemple, sur les navires de plaisance, comme le droit de francisation. Je suis prêt à envisager avec nos amis parlementaires une nouvelle tranche sur ce droit." Idem pour les grosses cylindrées, pour lesquelles le ministre se dit prêt à discuter d'un éventuel "durcissement" du malus de 10.000 euros réservé aux véhicules consommant plus de 190 grammes de CO2. Mais, prévient Bruno Le Maire : 

Attention à ne pas rouvrir la boîte de Pandore et à ne pas revenir aux vieilles logiques dépassées selon lesquelles, si l'on fracasse les riches, ça ira mieux pour les plus faibles. La logique de lutte des classes, ça ne marche plusBruno Le Maire

Les lingots d'or et autres produits "ostentatoires" n'entrent donc pas en ligne de compte. "Et après ? Pourquoi pas les bijoux, les caves à vin", fait mine d'interroger Bruno Le Maire. "On ne s'en sort plus... On va multiplier les idées farfelues et oublier l'essentiel : il faut une politique fiscale juste, efficace, qui finance l'innovation et allège le coût du capital."

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