Taxe européenne sur le plastique non recyclé : qui va mettre la main à la poche ?

Taxe européenne sur le plastique non recyclé : qui va mettre la main à la poche ?
Politique

Une nouvelle taxe sur les déchets plastiques a été instaurée dans le cadre du plan de relance européen. La France devrait en être l'un des premiers contributeurs, au-delà d'un milliard d'euros par an. Mais qui va payer ?

Mardi, après d'interminables négociations, les "Vingt-Sept" ont trouvé un accord pour un plan de relance européen afin de faire face à la grave crise économique engendrée par la pandémie de Covid-19. Pour doter l'Union européenne de nouvelles sources de revenus, de nouvelles taxes vont être mises en place dans les mois à venir, comme la taxe européenne sur les emballages en plastique non recyclés.

Dès le 1er janvier 2021, les Etats membres devront s'acquitter d'une note salée, calculée sur le poids de leurs déchets d'emballages plastiques non recyclés, "sur la base d'un taux d'appel de 0,80 euro par kilogramme", selon le document officiel du Conseil européen, soit 800 euros par tonne de plastique non recyclable. A titre de comparaison, l’éco-contribution qui finance le recyclage en France est de 350 euros par tonne. La facture sera lourde car 70% des plastiques ne sont pas recyclés dans l'Hexagone. Les professionnels évaluent le montant de sa contribution à 1,2 milliard d’euros par an, le plus élevé après l'Allemagne.

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Pour autant, à l'heure actuelle, nul ne sait qui devra mettre la main à la poche, entre les industriels de l’agroalimentaire, la grande distribution et les fabricants de plastique. Selon le militant écologiste Jacky Bonnemains, de l’association de protection de l’environnement "Robin des Bois", tous les emballages du quotidien sont concernés : pots de yaourts, films plastiques, bouteilles non recyclées … Les industriels comme les consommateurs négligents sont donc visés : "Cela va mettre dans la tête des gens que le plastique, à cause de toutes ses nuisances, doit être recyclé", espère-t-il dans le sujet du 20H de TF1 en tête de cet article.

Du côté des 300 producteurs français d’emballage, on est pris au dépourvu. "Cette taxe, c’est une surprise. Personne ne savait ici qu’il allait y avoir un accord, donc ses modalités ne sont pas connues en France. Le risque pour cette taxe est double : il est à la fois de pénaliser le pouvoir d’achat des Français et de ne pas atteindre l’objectif visé, à savoir développer le recyclage" dans l'Hexagone, indique Emmanuel Guichard, délégué général d’Elipso, producteur d’emballages plastiques.

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