VIDÉO - Une salariée trouve injuste le calcul de sa prime d'activité et interpelle Edouard Philippe

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SALAIRE - A la coopérative agricole Limdor, Edouard Philippe a été confronté à la situation particulière d'une employée qui, à cause du revenu d'apprentissage de son fils, ne pourra pas toucher la prime d'activité et voir son revenu augmenter l'année prochaine. Dénonçant "l'injustice" du système d'attribution de cette prime, elle s'est vue répondre par le Premier ministre : "C'est la règle."

Pour attribuer la prime d'activité, est-il plus juste de prendre en compte les ressources du foyer ou les revenus individuels ? Le débat est revenu sur le tapis ce vendredi 21 décembre lors de la visite du Premier ministre à la coopérative agricole Limdor de Saint-Yrieix-la-Perche, en Haute-Vienne. Edouard Philippe a été interpellé par une employée qui ne touchera pas la prime d’activité et ne verra pas ses revenus augmenter de 100 euros comme promis par le gouvernement, et qui estime cela injuste.

Cette salariée Limdor - 21 ans d'ancienneté - et son mari sont tous les deux payés au Smic, et vivent avec leurs trois enfants. Mais le plus âgé d’entre eux étant en contrat d’apprentissage, son salaire doit être déclaré à la CAF qui le prend en compte dans ses calculs pour attribuer la prime d’activité. 

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De fait, celle-ci est versée en fonction des ressources du foyer et non pas des revenus individuels ni même des revenus du couple. Ainsi, dans ce cas précis, il ne peut pas bénéficier de la prime d'activité car la CAF estime que les ressources du foyer sont trop élevées. "Pourtant son salaire je ne le perçois pas, c’est pour lui, il en fait ce qu’il veut. Mon pouvoir d’achat n’est pas augmenté grâce à son salaire", détaille l'employée au chef du gouvernement.

La prime d’activité ça prend en effet l’ensemble des ressources du foyer, c’est le principe." - Edouard Philippe

"La prime d’activité ça prend en effet l’ensemble des ressources du foyer, c’est le principe", explique le Premier ministre. "Quand les enfants sont à la charge du foyer et qu’ils n’ont pas de revenus, c’est plutôt un point positif dans le sens où ça veut dire que la prime va concerner les gens qui ont un revenu encore un petit peu plus élevé", ajoute-t-il, essayant de montrer le côté positif de la chose, sans vraiment répondre au cas particulier qui lui était soumis.

Pour remédier à ce genre de situations, le gouvernement pourrait-il envisager de ne prendre en compte que les revenus des parents lorsqu'un des enfants est en contrat d'apprentissage ou a débuté son activité professionnelle mais continue de vivre au domicile familial ? "Aujourd’hui, ce n’est pas la règle. Maintenant, est-ce que la règle doit être discutée ? On peut imaginer la faire évoluer, pourquoi pas", réplique Edouard Philippe, visiblement peu convaincu.

Car, ensuite, le Premier ministre continue sa démonstration en justifiant et validant le principe d'attribution de la prime d'activité, mais en s'éloignant toutefois clairement du sujet de départ et de la situation de l'employée Limdor. "Le fait de prendre la totalité des ressources du foyer dans le calcul de la prime d’activité, c’est un élément important (...) Je prends un exemple : les mères seules qui élèvent avec aucune autre ressource (que leur salaire, ndlr) un ou deux enfants. La prime d’activité nous permet, même quand elles gagnent plus que le Smic, d'améliorer leur pouvoir d’achat avec le versement de la prime. Car on pense que c’est justement celles et ceux qui travaillent et qui sont dans ces situations qui ont le plus besoin de voir leur pouvoir d’achat augmenter."

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